Théâtrorama

Sans jouer les filles à papa, la descendante du génial Jean-Roger redore le blason d’une chanson française en déliquescence avec drôlerie, tendresse, impertinence et modestie. Elle plante son micro au Lucernaire pour quelques semaines. Un talent brut à (re)découvrir d’urgence.

La chanson, elle en connaît un rayon. Rappelons, même si elle ne s’en gargarise pas, qu’elle est la fille de Jean-Roger Caussimon, auteur, comédien et interprète à l’impressionnante carrière et grand ami de Léo Ferré. Les chiens ne font pas des chats… En effet, l’élégance avec laquelle Céline s’empare d’un sujet pour le modeler, le façonner de sa faconde féconde, de son sens aigu et aiguisé de l’observation n’est pas sans rappeler celle de l’auteur des « Cœurs purs ». Chaque titre est une histoire, un morceau de vie dérobé à l’oubli, que le mot rend vrai. Le mot juste. Le mot comme base de jeu. Et c’est souvent drôle. Très drôle. Et même si le constat est parfois amer et nous renvoie comme un miroir à peine déformant la triste réalité de nos existences bouffées de pub et handicapées des synapses, on rit. Beaucoup. Grâce à une fin de phrase inattendue et suffisamment appuyée pour provoquer son effet. Grâce à la formidable présence sur scène de cette fille vraiment à part.

De véritables saynètes
Elle parle d’amour (« Caressons-nous »), elle encense – à sa manière – la folie du bio (« l’Amour bio »), elle réveille nos synapses (« Cerveaux dispo »), elle nous berce sur une somptueuse ballade composée par l’immense Idir (« Vent du soir »). Entre douce folie et effrayante lucidité. Avec une voix qu’elle peut moduler à l’envi. Le jeu de scène se réduit au minimum pour mieux sublimer le sens des mots. Nul besoin de parapher l’espace de gestes de diva, qui sont si souvent singeries (n’est pas Barbara qui veut). Un peu à l’image de Marie-Paule Belle à son piano, Céline Caussimon à son micro fait jongler les mots avec espièglerie et même autodérision. Ces mots qu’un étonnant éclectisme des mélodies, du rock à la musette, rehausse encore. Et comme la chanteuse est également comédienne, les chansons deviennent sketchs ou saynètes, précipités de vie, petites histoires qui alimentent la grande. C’est fou le bien que peut faire une heure et demi en présence d’une fille comme elle !

[note_box]Céline Caussimon : un concert
Avec Céline Caussimon (chant) et Thierry Bretonnet (accordéon)
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