Théâtrorama

Le mois d’août théâtral ressemble souvent à un désert culturel. Le spectateur assoiffé de pièces fraîches va parfois jusqu’à s’hydrater l’esprit au premier goulot bouchonné qui manque de bouteille. Il arrive heureusement qu’on tombe sur une oasis qui mieux que désaltérer, enivre littéralement. Au bonheur des hommes fait partie de ces grands crus pétillants qui rendent euphoriques sans saouler et dont on peut vite devenir dépendant.

La première gorgée de spectacle met l’eau à la bouche. Un bouquet savoureux trouvant son origine contrôlé dans un mélange des genres réussi, gouleyant dans la langue et corsé dans les accords. Ce cabaret satirique trinque à la santé d’une planète en coma éthylique. L’humanité est passée à la loupe caustique de Jean-Marie Lecoq et s’accroche aux partitions endiablées de Clarisse Catarino. Les petites bassesses sont célébrées, le quotidien décortiqué et l’actualité passé au scalpel des trois comédiens et des trois musiciennes du groupe Djazz’Elles.

La terre entre dans la ronde
Au bonheur des hommes: le titre est aguicheur et donne envie aux dames d’aller soulever un coin du rideau pour découvrir un pan de cette joie de vivre de la bête humaine. Le rideau tombe laissant la place aux voiles colorés et exubérants des Djazz’Elles en roms qui attrapent le spectateur au vol. Le ton est donné, les musiciennes ne restent pas avec leurs instruments en fond de scène mais participent au succès de ce cabaret musical déjanté. Le public est lui aussi invité à donner son mot à ce spectacle participatif comme une démocratie artistique.

Une quinzaine de chansons pour aborder les sujets brûlants qui nous mettent facilement en ébullition, de l’identité nationale aux guerres de religion, du chômage aux inégalités en passant par l’écologie et la politique. Jean-Marie Lecoq fait un peeling intégral à la terre sans peur d’être trop abrasif et de gratter avec humour aux endroits éthiquement douloureux. Les mélodies envoûtantes composées par Clarisse Catarino apaisent les irritations et injectent une énergie à vous redonner espoir dans l’avenir avec des morceaux de jazz manouche qui enflamment la salle.

Le trio de comédiens (Véronique Ataly, Christian Gaïtch et Jean-Marie Lecoq) trouve un écho parfait au trio de musiciennes (Clarisse Catarino à l’accordéon, Éva Slongo au violon et la délirante Anne Gouraud-Shrestha à la contrebasse). Pas de temps mort dans une mise en scène excentrique qui laisse un espace de fantaisie conséquent à la palette de talent des trois comédiens-chanteurs qui se régalent, comme le public, d’un texte savoureux truffé de bons mots qui rajoutent du piquant au piment du spectacle. La terre ne tourne peut-être pas plus rond à la fin du cabaret mais le public aura trouvé son pré carré de bonheur!

[note_box]Au bonheur des hommes
De Jean-Marie Lecoq et Clarisse Catarino
Montée par : Jean-Marie Lecoq, Philippe Quillet
Avec Jean-Marie Lecoq, Clarisse Catarino, Véronique Ataly, Groupe Diazz’Elles, Christian Gaïtch, Anne Gouraud-Shrestha, Eva Slongo[/note_box]

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  1. À ne manquer sous aucun prétexte. C’est que du bonheur 🙂

    Émilie / Répondre

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