Théâtrorama

Il fait chaud

Warm. Une expérience, une envie de tester les limites ou de poser une question… Peut-être est-ce cela une performance théâtrale ? Les codes qui permettent d’appréhender une pièce de théâtre ne fonctionnent plus dans ce contexte et les spectateurs sont invités à baisser les armes sémantiques.

Une lecture, sensuelle, se dit au micro tandis que sur scène, deux danseurs performent sous le feu de projecteurs de plus en plus chauds. il s’agit d’une rencontre amoureuse, de jeux BDSM, du bonheur de s’adonner à la sensualité jusqu’à s’y brûler. Peu à peu la chaleur devient telle qu’elle fait monter la température de la salle de spectacle et que les spectateurs sont obligés pour ne pas étouffer d’enlever une ou plusieurs couches de vêtements.

Mais que se passe-t-il exactement ? Et d’ailleurs, se passe-t-il quelque chose ? Pour l’auteur de ces lignes, il n’est resté qu’une question : qu’est-ce qu’on a bien pu vouloir me dire ?

A-t-on voulu me faire prendre un chemin ? L’impression retenue est celle du suicide d’une humanité plongée dans sa sensualité jusqu’à en oublier que cette rage d’amour et de plaisir fait bouillir la planète. Que c’est cela qui nous sous-tend tous depuis le début : tout brûler par amour.

Se lâcher enfin

Un jugement solitaire ne peut en aucun cas fonctionner ici. Certains spectateurs ressortent transportés de l’expérience et c’est sans doute cela qu’il faut retenir. Pour avoir une chance de rentrer dans cet univers, il faut laisser le réflexif au vestiaire, faire parler les sensations, et puis recevoir le trop plein, se laisser submerger. Alors seulement, ce qui est dit entre les lignes peut atteindre le corps et le cœur. La tentative est très intéressante et mériterait sans doute d’y replonger, et pour le metteur en scène d’aller plus loin encore – non forcément dans l’expérience – mais dans la réflexion autour des moyens d’y entrer. L’expérience proposée ici est-elle vraiment radicale ? Veut-elle être radicale ? Doit-elle être radicale ? Comment envisager scéniquement le pré-supposé d’un spectateur pris dans son quotidien et soumis soudain aux feux de l’enfer amoureux ?

  • Warm
  • Texte : Ronan Chéneau
  • Installation et direction : David Bobée
  • Avec Béatrice Dalle / Acrobates : Edward Aleman, Wilmer Marquez
  • Lumière et installation : Stéphanie Babi Aubert 
  • Musique : Frédéric Deslias
  • Crédit photos : Arnaud Bertereau Agence Mona
  • Durée : 55 minutes
  • Vu au Théâtre du Rond-Point 

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