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Andrés Marín – D. Quixote

Andrés Marín, un Quixote très urbainPour la 3ème Biennale de l’art Flamenco, Andrés Marín révise ses classiques et propose avec D. Quixote une pièce résolument contemporaine sur le plus iconique des héros espagnols. Une manière d’interroger la tradition hispanique et de célébrer une identité urbaine.

Comme sur des roulettes

Une rampe de skate, deux écrans tendus sur scène à la manière d’écrans publicitaires ou de spots pour des graffeurs et une tente. Le plateau plongé dans l’obscurité a quelque chose d’une ville la nuit. Seul le phare d’un gyropode attire l’attention, Andrés Marín annonce par ses tours et détours son intention de moderniser l’univers du Quixote. Ni mule ni cheval, mais encore des skates pour surprendre et même exécuter des figures de flamenco. C’est une chorégraphie qui ose, qui joue d’accessoire atypiques et propose de nouvelles interactions entre danseurs et chanteurs. Le caractère expérimental du spectacle fait toute sa force et a quelque chose de captivant quand bien même certains passages gagneraient à être éclaircis voire raccourcis.

Andrés Marín, un Quixote très urbainUne lutte de poing et d’épée

Fou de littérature chevaleresque, Don Quichotte se fait lui-même chevalier pour défendre la veuve et l’orphelin, et mener cette vie d’aventures et de passion si romanesque. La transposition contemporaine d’Andrès Marin substitue aux chevaliers les sportifs qui de leurs exploits repoussent les limites physique et font rêver les nouvelles générations devant leurs écrans. Cette lecture n’est pas inintéressante et la relation aux écrans et à la publicité esquissé a quelque chose de savoureux même si elle n’est ici qu’un bruit de fond. Tous les sports y passent du football à la boxe en passant par l’escrime au point de céder parfois aux effets de catalogue. L’énergie impressionnante qui se dégage du spectacle se substitue aux arcs narratifs de Cervantès pour un passage en force du Quixote, numéro 10 en avant scène.

L’amour et la musique

Il n’est pas de flamenco sans passion, il n’y a pas de Don Quichotte sans Dulcinée. L’amour et la séduction voire la sexualité passent autant par la danse que la musique. Les paroles, traduites sur les écrans, sont ici évocatrices et l’omniprésence de La Tremendita, formidable interprète qui se prête à tous les jeux de costumes imaginables interpelle à jeu égal avec les trois danseurs. Le spectacle tout à ses recherches formelles n’oublie pas l’essence de l’art du flamenco, son rythme changeant et son lyrisme. Jamais les musiciens ne quittent la scène et malgré les hybridations électros c’est bien d’amour et de musique qu’il s’agit. D. Quixote cède parfois gratuitement au spectaculaire mais toujours pour en revenir à ce bruit nécessaire des talons que l’on martèle et d’une voix qui vibre d’émotion.

 

D. Quixote
Direction artistique, texte et dramaturgie : Andrés Marín, Laurent Berger
Chorégraphie, direction musicale : Andrés Marín
Avec Patricia Guerrero, Abel Harana, Andrés Marín, (danse), Daniel Súarez (batterie, percussions), Rosario La Tremendita (chant, basse), Sancho Almendral (violoncelle), Jorge Rubiales (théorbe, guitare électrique)
Lumières : Laurent Bénard
Scénographie, costumes : Oria Puppo
Vidéo : Sven Kreter
Son : Kike Seco
Régie plateau : Raphael Lauro
Illustration et dessins de BD: Gaspar El Pinturillas
Musique électro : Nacho Jaula, Daniel Suarez
Composition,adaptation et arrangement de textes : Laurent Berger
Crédit photos: Jean Couturier

Vu dans le cadre de la 3ème Biennale de l’art Flamenco au Théâtre National de Chaillot

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