Théâtrorama

Les affres de la création, le tournis des répétitions, le théâtre en agitation… Ce comique opéra, tel qu’il se définit, provoque des rafales de rires amplement mérités. Force du texte et implication permanente de la distribution. Voilà un spectacle qui ferait un très beau prix du public pour cette 6ème édition du Prix Théâtre 13…

Que ce passe-t-il sur une scène de théâtre lorsque les répétitions d’un des plus grands opéras de tout les temps tournent à la débandade ? Comment s’assument les choses, entre le poids du titre à honorer, les revendications socio-syndicalistes, sans oublier les égos, caprices, humeurs de ces fragiles êtres qu’on appelle les comédiens, lorsqu’ils sont présents, bien sûr ?

La générale de « La Traviata » approche. Le metteur en scène privé de sa Violetta, trop diva pour assister aux répétitions, doit affronter les affres de la création, entre un canapé qui lui a bouffé une partie de son budget, son assistante obligée de jouer la doublure de l’absente, le comédien principal passablement nombriliste qui propose tout et souvent n’importe quoi et le chef d’orchestre qui finit par péter un câble…

Un propos résolument tragi-comique
Un peu à la manière du « Jour de l’Italienne », le texte de Jean-François Sivadier propose une introspection vacharde des métiers de la scène. Comédien et metteur en scène lui-même, il en connaît un rayon… Tirant résolument vers la comédie, le propos n’en décèle par moins les fragilités que ces êtres pas vraiment comme les autres laissent évader au détour de leurs humeurs vagabondes. Et si le monstre d’égocentrisme que révèle Alexandro a tout pour agacer, sa vulnérabilité ne tarde pas à poindre lorsque saute le couvercle où quand il pianote les premières notes de la seule mélodie qu’il semble connaître, « Love story » de Francis Lai.

Victorien Robert mène ce périlleux exercice de mise en scène d’un spectacle mal barré avec la rigueur qui s’impose. Accentuant la dimension comique du texte, il conquit son public tout en le mettant à contribution et se place favori pour ce prix dans le cadre de cette estivale rencontre du Théâtre 13. Sans s’engouffrer dans une débauche d’effets qui aurait probablement parasité la puissance satirique des mots, il va plutôt miser sur ses comédiens. Pari gagné, leur prestation méritant d’être collégialement saluée. Le décor, chiche mais personnage à part entière, s’intègre à merveille dans une scénographie conciliant le réalisme de la situation et le spectacle en devenir et effaçant l’espace entre la salle et la scène. Bien rodé, ce spectacle a tout pour rencontrer un très vaste public. L’accueil qu’il rencontre au Théâtre 13 en est la plus belle des promesses.

Italienne scène, comique opéra
De Jean-Fançois Sivadier
Mise en scène : Victorien Robert
Avec Mathieu Alexandre, Benjamin Brenière, Elise Noiraud, Katia Ghanty, Thomas Nucci et Maud Ribleur
Scénographie et création des lumières : Céline Hervé et Agneshka Mercier-Koszorowska
Costumes : Coralie Robert

Théâtre 13, 103A boulevard Auguste-Blanqui, 75013 Paris (métro : Glacière)
Vendredi 24 et samedi 25 juin 2011 à 20h30
Réservations : 01 45 88 62 22 et www.theatre13.com
Durée : 1h30

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