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La nourriture originelle (EAT)

Dans un décor qui évoque un environnement rural (bottes de foin, chaises en bois) rugit, tel un fauve errant dans la jungle touffue, celui qui se présente comme un homme libre, 100 % indépendant, Gilles Lartigot, ancien publicitaire et contempteur de la malbouffe, qui remporte un grand succès à travers les pays francophones, avec un « show- conférence » tiré de son livre « Eat » (les Editions Winterfields).

Une introduction « choc » via la projection d’un film critique de la mondialisation assez racoleur dans sa forme, et l’homme en colère jaillit sur scène, où il a beaucoup à dire et nous apprendre, après trois années d’enquête acharnée dans le milieu agroalimentaire.

Après une brève présentation de sa propre personne et de son parcours à grand renfort d’humour, le showman attaque fort via la dénonciation du nutritionniste/gourou Jean-Michel Cohen qu’il accuse d’imposture, car étant proche des groupes Nestlé© et Danone©.

Puis avec son franc-parler il nous assène une litanie de chiffres et de faits : 80 % des aliments consommés dans le monde sont d’origine industrielle, dont 98% de la viande. Plus d’un milliard d’animaux sont tués dans les abattoirs chaque année rien qu’en France. Jamais nous n’avons autant dépensé en nourriture. Les maladies cardio-vasculaires, première cause de mortalité, sont attribuées en grande partie à une mauvaise alimentation.

Si certaines informations ont été largement relayées et sont désormais connues de tous, l’auteur arrive à nous en apporter de nouvelles comme celles concernant les eaux usées à Marseille qui rendraient stériles les poissons mâles ou encore la problématique de la consommation outrancière de lait (le plus souvent UHT) vanté par les pouvoirs et les industriels comme nécessaire à une bonne santé, car renfermant du calcium, mais avec l’omission de signaler la présence de facteurs de croissance (protéines, peptides, stéroïde) causes de cancer de la prostate et d’apparition de tumeurs.

Le mythe des protéines

Avec son corps d’athlète (il pratique le body-building) l’auteur met à mal le rôle soi-disant primordial des protéines qu’il accuse d’être un mythe savamment entretenu par les industriels et propose quantité de solutions pour se sortir de la malbouffe via des recettes personnelles à base de légumes et fruits.

S’exprimant avec sérénité et interpellant sans cesse le public (Avez-vous entendu parler de la remballe ? Et si je vous racontais l’histoire de René Quinton et de son plasma ?), Gilles Lartigot joue de son personnage et d’une mise en scène sobre pour parvenir à accaparer l’attention. Nous sommes néanmoins à mi-chemin entre une vraie conférence posée et un spectacle-show assez aguicheur, non exempt de certaines lourdeurs (l’extrait du « sang des bêtes » de Georges Franju pour dénoncer encore plus la consommation de la viande, un final assez pathos).

On remarquera aussi que l’auteur oublie que se tourner vers une alimentation saine ne peut être uniquement un choix individuel mais doit se faire également au niveau politique via des décisions qui devront décider du devenir des grandes industries agroalimentaires qu’il entend dénoncer tout du long. C’est sans doute le bémol de ce spectacle, pourtant riche d’informations et d’enseignements en tout genre.

La nourriture originelle
Mise en scène, texte et interprétation : Gilles Lartigot
Inspiré de l’ouvrage « Eat » de Gilles Lartigot
Vu au Théâtre Toursky
Prochaines dates à venir
Crédit photo : Dakota Langlois

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