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Macbeth

Ambition, cupidité, meurtres… Macbeth et sa Lady, monstres désespérément humains, enfantés par une société malade de son pouvoir, transforment la scène du théâtre Toursky en plateau de fureur et de sang.

Des bandes blanches collées à même le sol, comme pour annoncer les futurs cadavres qui viendront parsemer pendant 90 minutes la tragédie mondialement connue de Shakespeare… Ce nouveau Macbeth suinte le rouge sanguinaire par tous les pores de sa mise en scène et se donne des atours modernes via un univers visuel dépouillé et une musique résolument expérimentale, interprétée en direct par le collectif Marseillais « Leda Atomica ».

Vecteurs du surnaturel, puisqu’ils représentent les trois sorcières, les musiciens engendrent, entre des textes toujours fabuleux, une démence sonore forgée aux délirants instruments du groupe. Cet apport musical est la grande originalité de ce Macbeth aux tendances rock, voire punk.

Ne dormez plus, Macbeth assassine le sommeil…
L’omniprésence du rouge à travers des traces de main ensanglantées sur des panneaux en contreplaqué, ou qui enrobe la magnifique robe de Lady Macbeth (brillamment interprétée par Ilinca Kiss, auteur d’un mémoire sur…Macbeth) rappelle l’extrême violence qui imbibe les époux. Le sentiment de culpabilité qui détruit peu à peu l’esprit de Lady Macbeth, incapable d’assumer ses choix, contamine son mari qui sombre à son tour dans la folie.

Lors de l’avant-première et de l’unique représentation (pour le moment), Macbeth donne le ton en surgissant sur scène titubant, la chemise blanche maculée de sang, pour s’écrouler mort devant le metteur en scène et sa traductrice qui présentaient au public la genèse du spectacle. Un clin d’œil qui permet à ce Macbeth d’accrocher d’entrée les spectateurs.

Le metteur en scène Edward Berkeley, directeur du département lyrique de la Julliard School de New-York a souhaité établir une passerelle avec le monde contemporain, témoignant que l’ambition politique a pris le dessus sur tout ce qui peut être fait pour le bien du pays. Pour cela, il a fait appel à des costumes hétéroclites qui évoquent aussi bien une armée qu’un univers à la « Orwell ».

Le résultat est assez surprenant, oscillant entre fulgurances rock et classicisme éprouvé. Les comédiens s’en donnent à cœur joie et on remarquera, outre la magnifique Ilinca Kiss, à la fois créature sublime et fantasmagorique, Neyssan Falahi dans le rôle-titre, qui s’empare de l’âme des spectateurs dans un déchaînement de folie ininterrompu.

Macbeth
De William Shakespeare
Metteur en scène : Edward Berkeley
Avec Neyssan Falahi, Ilinca Kiss, Ivan Romeuf, Bruno Bonomo, Olivier Corcolle, Laurent Owsianka, Cristiano Wsianka, Cecile Petit, Jean Goltier, Albert Huline,
Lumières : Philippe Catalano
Musique : Leda Atomica
Costumes : Polina Komarova
Chorégraphie : Malina Andréi
Crédit photo : Florent Fabregues
Durée : 1 H 30

Vu au Théâtre Toursky à Marseille

Dates de tournée : Site Internet

 

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