Théâtrorama

Le chorégraphe belge d’origine mexicaine, José Besprosvany, nous invite à découvrir l’envers du miroir (« espejo » en espagnol). Le double n’est jamais tout à fait simple à percevoir et le reflet devient autre.

Créé au théâtre Varia, Espejo explore les limites de la perception. Une chorégraphie en trois parties comme une didactique minutieuse qui pousse le public à dépasser le champ des illusions pour comprendre les tours de ces danseurs magiciens. Une pièce cérébrale comme un puzzle virtuel où les corps prennent leur place pour composer une parfaite unité.

Trois temps composent la création. Le public, réparti des deux côtés de la scène, se laisse hypnotiser par l’installation visuelle de Yannick Jacquet, se servant de la technique de mapping vidéo pour projeter une architecture de lignes, de lumières et de motifs virtuels. Les deux danseurs, l’Espagnol Lisard Tranis et le Vénézuelien Gabriel David Nieto, évoluent dans cet espace cadré. Leurs mouvements s’accordent en harmonie avec les illusions lumineuses, en passant des lignes droites classiques aux courbes baroques. Leur constitution physique opposée (l’un étant longiligne, l’autre plus trapu) génère un contraste comme une énergie taoïste du Yin et du Yang. Parfois ils se complètent et se confondent, parfois ils s’opposent et se repoussent.

Cet espace en verre invisible réduit le champ de leurs mouvements sans pour autant fermer l’horizon. L’infini est dans l’intention. La magie de l’illusion continue. Le charme se rompt brutalement à la deuxième partie, quand les danseurs remballent le décor en silence, comme des techniciens qui ont terminé leur travail. Vous aviez toujours voulu connaître le secret des magiciens ? Un cours pédagogique commence alors. Une voix off décortiquant le travail de scénographie. Une vision plus conceptuelle qui rationalise la danse contemporaine dans une opposition des plus ludiques avec le ballet. Le troisième volet apparaît alors comme une mise en pratique de cet enseignement express. Les deux artistes dansent avec brio sur le Trio pour piano et cordes (opus 100) de Schubert. Entre fusion et désaccord, l’autre est à la fois son semblable tout en restant différent. La danse devient un moyen de connaître son prochain, tout en développant une meilleure perception de soi-même , dans une évidence martelée par Martha Graham : « le mouvement ne ment jamais ».

Espejo
Chorégraphie : José Besprosvany, avec la participation de Gabriel David Nieto et Isaies Santamaria. Assistant à la chorégraphie : Leif Federico Firnhaber
Avec Gabriel David Nieto, Lisard Tranis
Création musicale et sonore : Laurent Delforge
Création vidéo : Yannick Jacquet
Texte et voix oof : François Prodhomme
Création lumière : Reynaldo Ramperssad
CrCrédit photo : Leif Firnhaber

Au théâtre Varia jusqu’au 12 décembre 15

Plus d’infos: Cie José Besprosvany

 

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