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Un tailleur pour dames, mise en scène de Georges Lini

Un tailleur pour dames propose une cascade de quiproquos et regorge de situations burlesques. Mais on l’entendait beaucoup : à l’heure de « MeToo », quelle mouche avait donc piqué Georges Lini, qui s’est lancé dans l’adaptation et la mise en scène, au Théâtre royal du parc, de la pièce « Un tailleur pour dames », de Georges Feydeau, un homme connu pour sa faible estime de la gent féminine, du moins dans ses lignes ? Or dans la salle, peu de grincements de dents ; au contraire, de vrais rires francs, tonitruants, se font entendre dès les premiers instants. Un tailleur pour dames est un vaudeville pur sucre. Humour badin, situations invraisemblables, quiproquo à gogo : ce texte ravit tant les esprits mal tournés que les spectateurs à la recherche d’un moment de légèreté.

Être sur une pente glissante

La mise en scène est remarquable. Le plateau devient un appartement ; des trappes matérialisent ses différentes pièces, et les acteurs y rentrent, en sortent. Le majordome les désigne clairement, ces espaces à l’abri des regards du public : voici la chambre de monsieur, et voilà la chambre de madame. Car le couple au coeur de l’intrigue – un médecin et son épouse (on devine qu’elle ne travaille pas) – fait chambre à part. Toute l’histoire se noue, de manière assez classique, autour des mensonges à répétition de « monsieur » qui a trompé « madame » et fait de son mieux pour que cette dernière ne se rende compte de rien. Mais ses efforts sont vains, et plus il tente de s’extirper de ses bobards, plus il s’y enfonce. Et il ne peut pas compter sur ses amis pour lui faciliter la tâche. Au contraire, ils lui savonnent la planche. Et justement, au fur et à mesure de l’histoire, le plateau devient de plus en plus pentu. À la fin du dernier acte, les acteurs se sont transformés en véritables acrobates, qui ont troqué leurs chaussures cirées ou à talons pour des baskets plates et blanches, afin de pouvoir escalader sans encombres ce mur qui se dresse quasiment à la verticale devant eux, grâce à des cordes qui leur permettent d’atteindre le haut de la scène. Ou comment, réellement, avancer sur une pente glissante.

 

Un tailleur pour dames
De Georges Feydeau
Mise en scène : Georges Lini
Avec Stéphane Fenocchi, Thierry Janssen, Eric de Staercke, Michel Gautier, Marie-Paule Kumps, France Bastoen, Isabelle Defossé et Louise Jacob
Photos : Sébastien Fernandez

Au Théâtre royal du parc, jusqu’au 17 février

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