Théâtrorama

Il s’appelle Charles-Geneviève-Louis-Auguste-André-Thimothée d’Eon de Beaumont, mais on le connaît plutôt sous le nom de Chevalier d’Eon. Celui-ci est un espion de Louis XV, qui, déguisé en femme, investit la cour de Russie. Il doit gagner la confiance de la tsarine Elisabeth afin de conclure un traité d’alliance pour rétablir les relations diplomatiques entre la France et la Russie, rien de moins.

Sur la scène du Théâtre royal du parc, des épées affutées aux superbes costumes, du clavecin mélodieux aux salles de bal, tout est là et l’on s’y croit. Le chevalier travesti, juché sur des bottines à talons, emmène petits et grands (le spectacle est supposé convenir aux enfants à partir de huit ans) dans les coulisses de la monarchie. Même le roi en personne tombe sous son charme.

Enigmatique et attachant

Cette comédie historique est cocasse et la scénographie bien pensée. Malgré le nombre d’acteurs sur scène (plus d’une douzaine), le spectateur ne perd pas le fil et se laisse porter autant par les blagues tonitruantes des uns que par les sauts de cabris des autres. Car le spectacle est particulièrement vivant et dynamique : les personnages rient, dansent et sautent en l’air à tout bout de champ. Un portant en bois occupe le centre de la scène et tourne sur lui-même, donnant à voir différents écrins dans lesquels les scènes se suivent mais ne se ressemblent pas. Ainsi, chaque épisode se joue dans un cocon bien à lui, et le passage de l’un à l’autre permet des respirations intéressantes tout au long de la pièce.

De Versailles à Saint-Petersbourg, la pièce mise en scène par Daphné d’Heur conte un épisode hors-du-commun de l’histoire du chevalier. Aussi énigmatique qu’attachant, il est interprété avec brio par Julien Besure : dès lors qu’il endosse les traits de Lia de Beaumont, sa performance est particulièrement remarquable. On pourra seulement regretter certains traits d’humour assez peu recherchés, mais qui se font rapidement oublier grâce à une troupe au petit soin pour son public : elle le transporte dans un autre temps, celui d’un « James Bond en jupon » (ce sont les mots de Thierry Debroux, directeur du théâtre) qui n’a pas fini de faire tourner les têtes.

  • Le Chevalier d’Eon
  • Mis en scène par Daphné d’HEUR
  • Avec Maroine AMIMI, Julien BESURE, Didier COLFS, Laurence D’AMELIO, Perrine DELERS, Baptiste DENUIT, Jonas JANS, Nicolas JANSSENS, Marc LAURENT, Anthony MOLINA-DIAZ, Valentin VANSTECHELMAN
  • Crédit photos: Zvonock
  • Vu au Théâtre royal du Parc 

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