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Cœur de pierre

Cœur de pierre

Instantanés d’humanité… Trois pièces courtes de Daniel Keene composent cette photographie du quotidien qui passe les sentiments au rayon X.

Humanité nue, humanité crue dans ses petits déboires et sa détresse qui trouve la solitude en écho. Le texte, trempé dans l’humour noir de Daniel Keene, résonne dans une mise en scène épurée de Mathias Simons.

Si les trois textes présentés n’ont pas de liens narratifs entre eux, ils sont orchestrés dans une gradation qui tend vers une décomposition scénique. Trois séquences, entrecoupées d’intermèdes un peu trop sonores, pour opérer une démarcation nette. Le quotidien est révélé sans chercher à l’enjoliver. La difficulté de perdre son travail, dans la première partie, les rapports entre une mère et sa fille qui se retrouvent après une longue séparation dans la deuxième, la vie à la rue dans la troisième. Rien n’est caché, sans fausse pudeur ni volonté ostentatoire. Des tranches de vie qui se succèdent dans une traversée de l’intimité qui reconstitue un puzzle universel.

Kaléidoscope du cœur humain

Théâtre-national-COEUR-DE-PIERRE1L’espace des comédiens est encadré dans la première séquence par une structure métallique dont la forme rappelle celui d’un vieil objectif d’appareil photo et crée un effet de profondeur où les personnages se dévoilent sous toutes leurs facettes. Le décor se déconstruit à chaque intermède pour se simplifier.

Les situations exposées sont prises à des moments de crises existentielles, amplifiées par ce décor en labyrinthe de la pensée. Les dialogues vont à l’essentiel sans chercher de double sens dans un quotidien sans superflu. Les rapports humains ne sont pas décortiqués mais révélés comme le négatif d’une pellicule qui se déroule sous nos yeux. Les scènes courtes s’enchaînent pour faire progresser une dramaturgie qui entrechoque les relations humaines. Et pourtant, dans cette exposition d’états d’âme, l’émotion n’a pas sa place. Cœur de pierre montre des personnages borderline qui flirtent avec la folie, la détresse ou la déprime, mais des personnages endurcis par les épreuves de l’existence et qui ne s’apitoient pas sur leur sort. La vie passe, voilà tout, et personne ne se plaint vraiment, comme la vieille chienne de la famille qui a fait son temps et qui attend la fin en résistant en silence.

Cœur de pierre
Daniel Keene
Mise en scène : Mathias Simons
Avec Marie-Hélène Balau, Eva Zingaro-Meyer, Olindo Bolzan, Raven Rüell
Scénographie : Vincent Lemaire
Costumes : Marie-Hélène Balau
Création lumière : Xavier Lauwers
Création vidéo : Giacinto Caponio
Création du chien : Nicole Moris

Jusqu’au 23 janvier au Théâtre national

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