Théâtrorama

Cadavre exquis avant une mise en bière (belge) enivrante… La comédie funèbre de Sébastien Ministru, Ciao Ciao Bambino, déterre les souvenirs pour des confidences croustillantes autour d’un cercueil.

Une veillée très gay qui tord le cou aux tabous… Quand la famille belgo-italienne se réunit autour de la dépouille du jeune Ciccio Bello, le public a de bonnes chances de finir mort de rire. Une pièce qui commence comme une comédie italienne à la Dino Risi, où la pantomime donne le ton, pour continuer dans une narration où le mort n’aura jamais été aussi vivant pour se raconter.

Ils sont venus, ils sont tous là… Un dernier hommage au beau Ciccio, allongé religieusement sur son lit de mort, design signé avec amour et un goût très contemporain baroque par son petit ami, Charles. Autour de lui, les proches sont rassemblés. Silvana, la sœur, entre greluche et fanfreluche, prof de zumba intarissable sur son art. Son mari, Eric, beau mais beauf, qui forme un couple en fusion avec sa moitié. Et puis il y a le frère, Carmelo, l’archétype du bel italien ténébreux, gérant son entreprise de carrelage comme une passion transmise de père en fils, et sa femme Nancy, la plus italienne des belges, pièces rapportées dans la famille, qui se fond dans ce puzzle napolitain avec son accent frelaté qui cache mal son origine flamande. La mort devient une farce et Ciccio assiste à ces simagrées qui le replongent dans des souvenirs, drôles, émouvants et parfois acides.

Méli-mélo à l’italienne
Le mélo commence avec la pleureuse de belle-sœur, interprétée par l’irrésistible Laurence Bibot. Les préjugés de cette grande bourgeoise contribuent à déverrouiller les non-dits du clan des siciliens. Si la thématique de l’homosexualité est le pilier de cette pièce dont le titre s’appuie naturellement sur le patronage de Dalida, icône gay devant l’éternel, Sébastien Ministru s’amuse à jouer avec la question des origines pour ouvrir davantage la réflexion autour de l’identité.

Les personnages n’échappent volontairement pas à la caricature, de l’amant maniaque, à la sœur gentiment nunuche. A côté de l’interprétation remarquable d’Antoine Guillaume (Ciccio), chaque comédien tire son épingle du jeu. Incontournable Laurence Bibot, drôlissime Aurelio Mergola dans son rôle d’amant branchouille ultra hype. Marie-Sylvie Hubot (Silvana) est craquante de spontanéité. Et les deux autres mâles du groupe, Alexis Goslain (Carmelo) et Frédéric Nyssen (Eric) sont à la fois sobres et justes. Les anecdotes à la sauce italienne s’enchaînent sans temps mort, en allant fouiller dans l’enfance de Ciccio pour bifurquer en scènes de famille réussies. Joyeuse exubérance et burlesque sans limite pour ces funérailles d’un autre genre qui jouent avec les clichés pour mieux les recomposer.

Ciao Ciao Bambino
De Sébastien Ministru
Mise en scène Nathalie Uffner
Avec Laurence Bibot, Alexis Goslain, Antoine Guillaume, Marie-Sylvie Hubot, Aurelio Mergola et Frédéric Nyssen
Décor et costumes Thibaut De Coster et Charly Kleinermann

Au TTO jusqu’au 30 mai
Du mercredi au samedi à 20h30

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