Théâtrorama

Trois Ruptures

Je te quitte. Non, c’est moi qui te quitte.

Qu’on se le dise, même si cela n’est pas très agréable à entendre : la rupture est un passage quasi-obligé dans la vie d’un être humain. Certains s’en sortent avec une ou deux séparations seulement, d’autres les enchaînent, conquête après conquête. Mais trois ruptures en un peu plus d’une heure, c’est un record.

Que la femme s’en aille parce qu’elle n’est plus heureuse avec sa moitié (qui a un chien… qu’elle maudit), qu’elle se fasse la malle parce que son cher et tendre la trompe avec un pompier ou qu’un enfant vienne semer la zizanie dans un couple adepte aux surgelés et au ketchup, qu’importe, le résultat est là : deux personnes qui, un temps, s’aimaient, prennent des chemins opposés. Dans le premier cas, Catherine Salée termine ligotée, forcée d’avaler la nourriture de Diva, cette chienne qu’elle hait tant. Dans le second, elle finit au téléphone avec l’amant de son mari. Dans le dernier, les deux tourtereaux d’un jour deviennent autruches, incapables de voir à quel jeu joue leur gamin. Mais la rupture n’est pas toujours nette ; elle est souvent accompagnée de reproches, de cris, de vulgarités, de confessions que personne n’aime entendre. Finalement, l’écran blanc qui vient de temps à autres cacher la scène rythme le récit de pauses bienvenues dans ces méandres tragi-comiques. Assortie de musiques apaisantes, cette toile blanche permet au spectateur de reprendre ses esprits. De respirer. De garder son cœur bien accroché.

Accros aux surgelés

Bruno Emsens n’a pas hésité et a foncé pour les mettre en scène, pas effrayé un seul instant d’aborder ces moments de vie bien peu gais, du moins aux premiers abords. Lui est tombé amoureux du texte de Rémi De Vos. Certainement car il est bien plus empreint d’humour que de tristesse. Ces trois ruptures, qui se suivent mais ne se ressemblent pas, sont en fait synonymes de soulagement. Les saynètes sont interprétées par une Catherine Salée tantôt en sandales compensées, tantôt pieds nus, et un Benoît Van Dorslaer qui oscille entre immondes baskets à velcros et chaussures cirées. D’un tableau à l’autre, leur attitude, leur comportement, leur réaction, leur phrasé, leur physique même, sont tellement divers que le public semble avoir affaire à six personnes différentes. La rupture dans toute sa diversité.

Trois Ruptures
De Rémi De Vos
Mise en scène : Bruno Emsens
Avec : Catherine Salée et Benoît Van Dorslaer
Crédit photo : Catherine Claes
Jusqu’au 5 mars, du mardi au samedi à 20h15 au théâtre du Boson

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