Théâtrorama

La Colombie s’invite à Bruxelles – emportant ses couleurs et ses humeurs avec elle.

Un couple est mort. Dès le début des Petits anges dans la boue, sur les planches du Rideau, cela n’est un secret pour personne. Mais le mystère plane quand même : comment les deux amoureux, si épris, ont-ils perdu la vie ? Et pourquoi ?

Peu à peu, l’intrigue se dévoile, et des personnalités se détachent du lot. Dans la ville de Cali, dans les années 70, tout le monde a la langue bien pendue, c’est évident. C’est même nécessaire. La société vit sous le poids des inégalités, dans un sentiment de danger assez permanent. Pour vivre, il faut parler fort. Et le récit est justement conté par des voix multiples. Il y a des dialogues, mais souvent, ils laissent place à de la narration pure, celle de jeunes encore sous l’influence parentale, des anges qui ont hâte de voler de leurs propres ailes.

Formes colombiennes ou belges
La mise en scène de Juan Martinez témoigne de ses origines : il est né à Ottignies et a grandi à Bogota. Pas étonnant donc que le Rideau, à quelques baraques de frites de là, vibre au rythme de la salsa. « Il ne s’agit pas de copier des formes colombiennes ou belges, mais en croisant les deux univers, de trouver une forme authentique qui résonne chez les deux », explique celui qui a réussi son pari. Les deux mondes s’emboîtent et se répondent parfaitement. La scène est agrémentée d’une toile, sur laquelle sont projetés des films. D’abord, l’écran n’est que prétexte – à donner la tonalité, l’ambiance sud-américaine des rues typiques qui défilent en arrière-plan. Mais ce cinéma improvisé prend bien vite tout son sens dans l’intrigue. Il en est même un élément-clef, preuve rectangulaire et verticale que la vie, aussi, défile. Et cette mise en garde, qui vaut pour nous tous : « Petit ange, tu es en train de devenir vieux. »

Les petits anges dans la boue
De Andrés Caicedo
Mise en scène : Juan Martinez
Avec Sarah Brahy, Cyril Briant, François Delcambre, Yasmine Laassal et Thierry Lefèvre
Crédit photo : Alessia Contu
Jusqu’au 5 décembre au théâtre du Rideau de Bruxelles, à 20h30 (sauf le mercredi, à 19h30 et le dimanche, à 15h)

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