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Les Dactylos et le Tigre de Murray Schisgal

Les Dactylos et le Tigre au théâtre du BosonLes Dactylos et le Tigre – Ces deux pièces n’ont rien en commun et pourtant, elles se complètent si bien.

D’abord, place aux Dactylos : sur la scène du charmant théâtre du Boson, un homme, Paul, et une femme, Sylvia, occupent la scène, assis derrière leur machine à écrire respective. Années 60, outre-Atlantique ; c’est à celui qui tapera le plus vite. Sylvia est dans l’entreprise depuis bien longtemps, se tient toujours bien droite, ne part jamais en avance, a ses petites manies. Elle mange à heure fixe, les mêmes sandwichs, ramenés chaque matin dans la même boîte bleue. Mais voilà que Paul, qui vient juste de se faire embaucher, bouscule ses habitudes. Leur première journée ensemble n’est pas franchement productive ! Alors qu’ils doivent taper les adresses de clients à l’arrière de cartes postales publicitaires – tâche la plus monotone qu’il soit – les deux discutent, d’abord de sujets légers, puis ceux qu’ils abordent sont de plus en plus graves. Mais qu’ils sont drôles ! A certains moments, ils semblent meilleurs amis. A d’autres, ennemis d’un jour. Un instant, on espère les voir devenir amants. Mais les deux êtres sont surtout torturés et ne laisseront pas le destin guider leurs chemins.

Elle ne s’en sortira pas

Les Dactylos et le Tigre au théâtre du BosonPuis, voilà le Tigre. On ne rit plus. Dans le public, les mines, un temps si souriantes, sont déconfites. L’homme et la femme sur scène, qui, par un habile mécanisme, a complètement changé de décor, ne sont plus Paul et Sylvia, dactylos, mais Ben et Gloria, ravisseur et victime. Ben a ligoté Gloria ; manifestement, elle ne s’en sortira pas. Elle allait simplement jouer au bridge, a rencontré la mauvaise personne au mauvais moment et la voilà captive. Elle doit demander la parole pour s’exprimer, elle est obligée de se déshabiller. Elle traîne dans la boue, ses jambes sont sales, elle est désespérée.

L’atmosphère des Dactylors, légère et badine, est lourde et étouffante dans le Tigre. Quelques ponts existent en les deux pièces ; si l’on est très attentif, on retrouve, entre l’une et l’autre, quelques phrases similaires. Surtout, le Tigre impose sa noirceur, gomme toute once de bonheur. Ben est un homme malheureux ; et si ce mal-être pouvait sauver Gloria de ses griffes ?

Les Dactylos et le Tigre
De Murray Schisgal
Adaptation : Laurent Terzieff
Mise en scène : Bruno Emsens
Avec Julie Duroisin et Nicolas Luçon
Photos : Catherine Claes

Jusqu’au 29 octobre à 20h15, puis du 8 au 18 novembre au Théâtre Le Boson

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