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Lisbeths de Fabrice Melquiot

Lisbeths de Fabrice MelquiotLisbeths – On croit connaître celui ou celle qu’on aime jusqu’à ce qu’on le connaisse vraiment, et Lisbeth vient nous le rappeler, sans autre forme de procès.

On n’est pas sérieux quand on a quarante ans… Pietr enchaîne les aventures, ne s’attache pas, surtout pas. Jusqu’à ce jour où il rencontre Lisbeth, une femme très belle, très spontanée, très drôle, très attachante, très… tout. Parfaite, en fait : tous les hommes aimeraient pavaner au bras d’une femme comme elle.

Très vite, Lisbeth et Pietr tombent amoureux. Il y a cette scène absolument délicieuse, qui met du baume au cœur et le sourire au lèvre, durant laquelle les deux tourtereaux se retrouvent autour d’un café ; ils ne se sont pas encore embrassés. L’instant est d’une effarante banalité, et pourtant, qu’ils sont gauches, touchants, un peu ridicules.

En plus du dialogue qu’ils entament et qui est assez croustillant, les pensées intimes des deux personnages sont dévoilées au public ; l’ensemble se veut franchement savoureux. Sûrement car tout le monde s’y reconnaît ; après tout, qui ne s’est jamais senti un peu nigaud, lors d’un premier rendez-vous, à faire au mieux pour plaire à l’autre, quitte à balayer quelques traits de sa propre personnalité ?

D’un amour éperdu

Lisbeths de Fabrice MelquiotQuand Pietr tire un grand lit double au milieu de la scène, dans la salle, la température prend quelques degrés. On se demande bien que viennent faire là les enfants au premier rang… Lisbeth et Pietr se découvrent, ne se quittent plus, s’aiment d’un amour éperdu. Lisbeth est mère, d’un petit garçon muet. Elle le présente à Pietr. L’enfant lui mord le doigt, celui qui aurait pu prendre le rôle de père perd un index…

La salle baigne dans l’obscurité, il n’y a quelques faibles lumières qui viennent éclairer les visages. Du début à la fin, la luminosité change peu, et pourtant, la pièce prend un tournant noir. Finalement, on ne sait plus très bien si Lisbeth est vraiment mère, si son inventivité, que l’on trouvait jusqu’alors si charmante, ne lui joue pas un tour.

Tout dérape. Pietr ne reconnaît plus sa Lisbeth, son coeur bat moins. Il le maintient : ce n’est plus la même femme qu’il est là, devant lui. Soudain, Lisbeth est moins belle, moins spontanée, moins drôle, moins attachante. Le récit vire au drame. « Thriller dramatique », nous étions prévenus. Le pluriel dans le titre de la pièce – Lisbeths – prend soudain tout son sens. Et jusqu’à la dernière minute, Lisbeth et Pietr s’aiment. D’un amour perdu.

Lisbeths
De Fabrice Melquiot
Mise en scène : Georges Lini
Avec Isabelle Defossé et Georges Lini
Crédit photo : Bruno Mullenaerts

Jusqu’au 29 octobre, au théâtre Le Public

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