Théâtrorama

Le prince charmant a du souci à se faire… Dans J’ai gravé le nom de ma grenouille dans ton foie, la princesse n’embrasse pas le crapaud. Elle le bouffe.

Un ovni théâtral qui prend des allures d’expérience scientifique de comédiens savants fous qui performent dans leur laboratoire en scène. Une explosion d’inventivité et un cocktail d’excentricité qui rompt avec toutes les conventions habituelles. Créée en 2005, le succès de cette deuxième pièce de la Clinic Orgasm Society ne faiblit pas. Ludovic Barth et Mathylde Demarez n’ont pas de bile à se faire : le nom de la grenouille est bien ancré dans les mémoires…

Le chaos avant le conte… Des scènes sens dessus dessous s’enchaînent à une cadence en marche forcée. Un parcours fléché d’expérimentations instantanées qui n’ont pas de lien apparent entre elles. Des Barbies catapultées, une princesse qui s’évanouit dans une jupe suspendue, une dégustation dévoration, un sauvetage d’une overdose de fleurs avalées… Une série de délires organisés en gros plans, filmés en direct par Grégory Duret, embarque le public dans un labyrinthe fantasmagorique sans queue ni tête, jusqu’à la deuxième partie du spectacle qui recompose un conte à base des images récoltées et qui fait un pied de nez aux codes habituels.

Le conte est bon !
Une réécriture de conte en direct qui passe par la case de la dissection des relations hommes femmes pour hacher menu les clichés avant de remixer une forme inédite. Les adeptes de linéarité risquent d’être bouleversés. Tout comme les fans de contes ordinaires où les princesses attendent leur preux chevalier pour une fin Walt Disney où « ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants ». La première partie sème les certitudes du public en route pour proposer un mélange de burlesque loufoque et de grand n’importe quoi génialement orchestré. La suite d’actions qui se déroule à toute allure, comme des jeux d’enfants sans logique qui ne s’intéressent qu’à la sensation provoquée, fait lâcher prise avec toute tentation d’explications rationnelles. On se perd dans ce fatras pour notre plus grand plaisir.

La deuxième partie arrive comme un lapin qui sort du chapeau du magicien. Après la phase de préparatifs en mise en bouche épicée où le spectateur se trouvait dans les cuisines de la création, le conte déroule sa bobine pour tisser son histoire. Les images trouvent un sens nouveau, l’humour en trame de fond et la fantaisie sous toutes ses formes. Après la prise d’images en direct, les comédiens se mettent à la post production en réalisant la musique en live. Une performance déjantée et finement millimétrée qui casse toutes les conventions pour réinventer une forme nouvelle et inclassable.

J’ai gravé le nom de ma grenouille dans ton foie
Conception : La Clinic Orgasm Society
Avec Ludovic Barth, Mathylde Demarez
Image vidéo : Grégory Duret
Composition musicale : Grégory Duret, Ludovic Barth
Création lumière : Raphaël Noël
Direction technique, son et régie : Sébastien Courtoy
Conseiller artistique : Fabrice Gorgerat
CrCrédit photo : Olivier Jeannin
Vu au théâtre Varia
Plus d’infos : Clinic Orgasm Society

 

 

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