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 Baudelaire au Pyka Puppet Festival

http://www.theatrorama.com/wp-content/uploads/Spleen-d’après-Charles-Baudelaire.jpgSpleen d’après Charles Baudelaire – Pour sa seconde édition du 2 au 9 juin 2016, le Pyka Puppet Festival renouvelle son partenariat avec le Théâtre de l’Atalante. Alain Alexis Barsacq, directeur du lieu, et Grégoire Callies, artiste associé, y accueillent une programmation francilienne et internationale. L’Allemagne est à l’honneur avec ce spectacle du Figurentheater Wilde & Vogel, qui soufflera ses vingt bougies l’année prochaine.

Spleen se tisse dans les interstices des poèmes du recueil posthume de Baudelaire Le Spleen de Paris. Ce spectacle se présente comme une succession de tableaux autonomes, mettant en dialogue marionnettes essentiellement à fils et instruments de musique à cordes. Même si l’on regrette certaines longueurs et redondances dans ce dispositif qui ne se renouvelle pas, force est de reconnaître une véritable pensée de l’imbrication. Des membres articulés des marionnettes, à l’équilibre trouvé entre l’énergie féminine et masculine des deux interprètes, entre la musique et la marionnette, au mouvement d’ensemble qui joint un art de l’instant présent avec des poèmes datant de plusieurs siècles, chaque élément est mis en dialogue avec les autres.

La pièce s’empare de la prose, épaississant, développant, métaphorisant et en illustrant parfois enjeux et situations. Toutefois, c’est lorsqu’il nous semble faire irruption dans l’esprit du poète, face à de fantomatiques apparitions aux lueurs blafardes toutefois rarement dépourvues d’humour, que se justifie l’emploi de la marionnette. Pour mettre l’homme en jeu au cœur de sa prose, avec ses démons intérieurs et ses gargouilles, les deux interprètes jouent avec virtuosité de l’éternelle dualité contenue dans l’essence de l’objet animé : vie et mort, réalité et fantasme, domination et persécution.

Une dramaturgie de l’interdépendance

Spleen-Baudelaire
® H. Pogerth

Ni fluides, ni confortables, les coutures du spectacle sont intentionnellement visibles. De même, le geste marionnettique se produit à vue et est pleinement assumé. C’est à cet endroit précis de fragilité et de porosité que s’effectue la rencontre avec le public. Au cœur d’un artisanat qui est mis au premier plan. Les multiples figures féminines à fils ou à gaine, manipulées par Michael Vogel, s’enchevêtrent dans les cordes musicales puissantes et presque viriles de Charlotte Wilde. Seuls les poèmes de Baudelaire sont mis à distance, récités par des enfants et diffusés en voix off. La simplicité de cette cellule familiale fait retentir le souffle de la création, le cheminement de l’aboutissement artistique, de celui qui hisse des poèmes de son être comme on met au monde un enfant. Dans la joie, la douleur et la libération. D’une violente délicatesse, ce spectacle éprouve, traduit et retranscrit la vivacité d’une matière littéraire toujours actuelle.

Spleen
D’après Charles Baudelaire
Mise en scène : Hendrik Mannes
Marionnettes, jeu : Michael Vogel
Musique : Charlotte Wilde
Voix : Maxime Barbasetti, Laura Elbel, Antoine Feuchet, Aliénor Parmentier, Jeanne Parmentier, Célestine Von Schorlemer
Crédit photo: Erich Malter

Au Théâtre de l’Atalante Dans le cadre du Pyka Puppet Festival

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