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Flexn, la danse flex assouplit la liberté d’expression

Flexn – Brooklyn ouvre le Festival de Marseille Flexn – Face à une société de plus en plus dure, le corps se fait plus flexible… Les quinze danseurs présents sur scène, tous membres de la Flex community, ouvrent le Festival de Marseille en insufflant une énergie brute qui fait vibrer La Criée.

Les danseurs de flexing n’ont rien à envier aux yogis. Leurs contorsions semblent sortir d’effets spéciaux de films américains. Le public, hypnotisé par ces mouvements qui terrifient quiconque a déjà souffert d’un bon torticolis, ne peut réprimer un bruit de consternation quand les Quinze Fantastiques déploient leur élasticité avec une sérénité s’accordant sur les beat de la musique. Le flexing est un style de danse né à Brooklyn. Bien que les mouvements s’harmonisent sur de la musique hip hop, le flexing s’inspire du bruk-up, un style jamaïcain. Fluide et aérien, le flexing de Brooklyn a des faux airs de flamenco gitan dans l’expression de la douleur et des émotions. Le mime fait partie de la danse. Une catharsis de la vie quotidienne pour exorciser les douleurs, les colères, les injustices, les violences intérieures et les passions.

Reggie (Regg Roc) Gray, véritable pionnier du flexing, et le metteur en scène Peter Sellars, projettent ce mouvement de rue sur scène. Le flexing devient un genre à part entière. Un art aiguisé de libre expression qui se fait le reflet de la société américaine. Un concentré de violence, de guerre des gangs, d’univers carcéral, d’argent bordant une hyperconsommation galopante, d’armes dégainées comme une clope qu’on sort du paquet par réflexe, de lois du plus fort. Un tableau expressionniste qui explose dans une rage de vivre.

Flex&groove

Flexn se lit comme un récit moderne qui s’ancre dans une réalité avec laquelle il faut dealer. Un spectacle tout en puissance, tempéré par la présence féminine de trois danseuses, qui apportent leur patte dans ce monde de testostérone. Mais loin du côté un peu macho, parfois, du milieu du rap, les jeunes femmes se taillent ici la part du lion. Elles offrent des chorégraphies nuancées qui nous feraient presque basculer dans le contemporain. Elles s’imposent à égalité avec leurs partenaires masculins qui s’ingénient à les mettre en valeur comme des pierres précieuses.

Derrière cette violence thématique scénarisée transparait une fabuleuse énergie créatrice. Les danseurs sont à l’écoute les uns des autres dans un plaisir contagieux de s’exprimer par le mouvement. Une bienveillance et une entente cordiale se dégagent de cet espace de jeu qui symbolise cette volonté de vivre ensemble. Le partage fait partie de Flexn et le public ne s’y trompe pas. Plus d’une heure et demie d’un ballet où les corps sont sans limite, ou presque.

Flexn
Une collaboration de Reggie ( Regg Roc ) Gray et Peter Sellars
Interprétation : Membres de la Flex Community : Reggie (Regg Roc) Gray, Android (Martina Heimann), Banks (James Davis), Brixx (Sean Douglas), Cal (Calvin Hunt), Doc (Aaron Frazier), Dre Don (Andre Redman), Droid (Rafael Burgos), Karnage (Quamaine Daniels), Sam I Am (Sam Estavien), Scorp (Dwight Waugh), Shellz (Shelby Felton), Slicc (Derick Murreld), Tyme (Glendon Charles)

Théâtre de la Criée, ouverture du Festival de Marseille

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