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Au plus proche de ceux qui viennent l’écouter

La Peau d’Élisa mise en scène Catherine Anne au Théâtre des HallesÉlisa est assise sur scène, silencieuse, le regard dirigé vers son public, avec au bord des lèvres un léger sourire. Elle attend, tandis que vous rentrez discrètement sur la pointe des pieds pour ne pas la déranger…

On devine son envie de nous parler, de nous inviter à écouter son histoire. Ce qu’elle aime Élisa, ce qui l’exalte, ce qui lui procure un plaisir charnel, c’est raconter avec tous les détails inimaginables, le destin des autres. Elle fait surgir les sanglots, les rires, les souffrances où les engouements des hommes et des femmes qu’elles croisent sur sa route. Des êtres tendres, timides, forts, réels. Il y a Siegfried le fou, Edmond l’amoureux, Jan l’empressé, Anna qui dit de si belles choses, et tous les autres. Ils sont là, devant nous, devant elle, tordus d’amour et de doutes, elles les racontent avec pudeur. Elle joue inlassablement de sa voix roque ou délicate, les destinées de chacun.

Qu’est-ce qui pousse Anna à raconter ces histoires ?

La Peau d’Élisa mise en scène Catherine Anne au Théâtre des HallesLeur vie à eux, elle en a besoin pour se sentir mieux, car depuis peu, elle doit soigner sa peau qui recouvre son corps de façon inhabituelle. Qu’est-ce qui ne va pas ? Illusion ou réalité ?
Dans sa propre histoire, elle relate sa rencontre avec un jeune homme, qui va lui confier son secret. Elle l’observe, l’écoute, nous entraîne avec eux dans ce dialogue passionnel. C’est de ce récit que tout part. Depuis, elle note précieusement dans son carnet d’écriture, ce qu’elle entend et découvre. Vite, il faut dire avant que tout se meurt… « Vous comprenez ? « Est-ce que je raconte bien, est-ce que je donne assez de détail ? Vous en voulez encore » dit-elle sans cesse à son public. Comme pour mieux se rassurer, et rêver à ce qu’elle veut entendre.

Conter les récits singuliers de la vie par Carole Fréchette

Dans cette pièce écrite par la canadienne Carole Fréchette, on découvre un vécu à fleur de peau. Une poésie simple et sincère, ou la douce violence ne se devine que dans la ferveur amoureuse. C’est d’ailleurs, ce qui rend ces histoires plus belles les unes des autres. Catherine Anne dans la peau d’Élisa, se sent bien, même si elle laisse filer un peu trop vite l’émotion du jeu, à ne pas confondre avec celle du texte. Les petits frissons qu’elle désire tant nous faire partager, peuvent parfois nous échapper. Il faudrait les apprivoiser un peu plus.

La mise en scène réalisée par la comédienne, permet de nous transporter là où elle le veut. Ici une chambre, un café, dehors ou dedans. C’est modéré comme il le faut. Le son vibrant d’un micro est comme une douce musique. Il est en harmonie avec tous les personnages et avec Élisa. Pol Tronco qui interprète le jeune homme, est d’une belle justesse de jeu. Il porte son histoire avec émotion et sincérité. C’est lui qui murmure dans le micro, le bruit feutré de la vie.

La Peau d’Élisa
De Carole Fréchette
Mise en scène Catherine Anne
Avec Catherine Anne et Pol Tronco
Crédit photo : Emile Zeizig

Avignon OFF 2018

Jusqu’au 29 juillet à 17 h au Théâtre des Halles

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