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Vivre ses rêves n’est pas un pari fou

Goodby Wall Street  de Fouad Reeves au Théâtre Le PalaceL’histoire de Fouad Reeves démarre ainsi… Il est jeune, beau, courageux, trader à New York, vit à cent à l’heure, consomme la vie par les deux bouts, gagne beaucoup d’argent, rencontre la terre entière, pourrait être heureux, mais pourtant ne l’est pas. Quelques années newyorkaises plus tard, et après un violent burn-out, il décide d’abandonner cette vie qui n’est pas la sienne, et de devenir ce qu’il est vraiment au fond de lui : comédien. C’est ce qu’il va nous raconter à sa façon, sa vie d’avant, sa vie de trader. Et c’est drôle…

Au démarrage du show, on le voit expliquer à son père cette décision radicale, mais dès lors que l’on a un patriarche à la culture ancrée dans la terre et les valeurs, ce n’est pas chose facile. C’est aussi là que le message s’invite : décider de sa vie et ne pas se fourvoyer dans ce que nous ne voulons pas, ou plus. Après le patriarche viendra l’entourage. C’est ainsi que défilent devant nous, de nombreux personnages (il y en a quatorze), qu’ils imitent très bien. Le boss, les copains, les collègues, la mama, le rugbyman, la prof allemande de théâtre, tous déjantés à souhait.

S’amuse de la communauté éducative à laquelle il appartient, et nous fait rire grâce à des jeux de mots bien trouvés et qui ne ressemblent surtout pas aux autres. Nous partons avec lui à Broadway, ébloui par les lumières, le bruit, la musique, » il danse (très bien d’ailleurs) et chante sous la pluie « comme Gene Kelly, il est heureux et devient enfin ce grand comédien qu’il rêvait d’être. C’est magique.

Au sommet du rêve accompli se trouve la réussite

Pas de vulgarité facile dans l’écriture de Fouad Reeves, et c’est bien. Néanmoins rien n’est lisse, il dit tout avec une émotion à peine dissimulée, comme une révélation de sa personne. Un texte écrit avec délicatesse, ou l’intelligence du rythme et du sens, en font un très bon spectacle. C’est réussi et enchanteur.

Fouad Reeves est un comédien doué, et il a bien eu raison de vivre ses rêves. Ce qui frappe très rapidement dans ce seul en scène, c’est l’élégance du travail accompli. Et parmi la multitude de one man show d’aujourd’hui qui souvent sont les mêmes, celui-ci sort indéniablement du lot. Il mérite que sa carrière de comédien soit en haut de l’affiche dans d’autres registres. Il joue régulièrement en France et à l’étranger, et son humour à raison d’être drôle, est touchant. Il a fait partie des dix meilleurs spectacles OFF en 2017. Allez-y ou retournez-y.

Goodby Wall Street
De et avec Fouad Reeves
Mise en scène Dominique Coubes
Crédit photo : Sarah Robine et Denis Tribou

Avignon OFF 2018

Jusqu’au 29 juillet à 12H20, au Théâtre Le Palace

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