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Carine Coulombel, la finesse d’un humour noir

Zoom sur Carine Coulombel et Auto-psy« Auto-psy (de petits crimes innocents) » souffle se troisième bougie en terre Avignonnaise. Un anniversaire au ton jubilatoirement grinçant, entre lumière et macabre, porté par la pétillante Carine Coulombel… Retours sur l’évolution d’une petite fille au parcours de vie cabossé.

Qu’est-ce qui vous a touché dans ce personnage ?

Carine Coulombel : Dans la mise en scène, on a vraiment eu envie de mettre l’enfance, et les débordements de l’enfance, quand ils sont abandonnés. Quand on commence mal dans la vie, où est-ce que ça peut mener ? On a tous eu des enfances, mais c’est vrai que cette enfance-là est très belle. Toute cette misère qu’elle contient, et malgré tout, cette petite a toujours ses yeux d’enfants. Malheureusement, elle finit serial killer, mais elle a toujours cette part « enfant » chez elle, qu’elle ne lâche pas. Je pense que c’est ça qui l’aide à s’accrocher dans la vie. Je pense aussi qu’elle refuse de regarder la réalité en face, ce qu’elle est vraiment. Elle préfère rester seule pour ne pas se mêler aux gens. Pour elle, les gens sont des objets, qui lui permettent d’atteindre des buts…

Comment avez-vous travaillé la composition de ce personnage, et son évolution ?

Carine Coulombel : La partie la plus intense à travailler, c’est quand elle devient plus « femme », qu’elle se fait battre… La partie petite fille fait partie de mes palettes d’emploi de comédienne. J’ai travaillé ma voix et ma gestuelle pour trouver ce personnage. J’ai beaucoup observé les enfants, par exemple, ils bougent tout le temps leurs jambes. Pour moi, il s’agissait de retrouver cette énergie qu’on avait, enfant. Je me suis inspirée de Tim Burton, ses petites filles, la famille Adams. Il y a aussi le côté « dessin animé ». Parfois, la mise en scène ralentit, parfois, c’est précipité. Pour trouver cette « pêche » du précipité, j’ai regardé des mangas, Tex Avril… Quand il y a des moments très durs dans le spectacle, la pêche va revenir avec cette gestuelle plus rapide.

Comment avez-vous découvert ce texte ?

Carine Coulombel : Je voulais que Stéphane Gildas me mette en scène sur un monologue depuis quelques années déjà. J’ai découvert « Auto-psy (de petits crimes innocents) » sur Internet. Quand j’ai acheté le livre, je l’ai lu devant Stéphane Gildas, il a commencé à rire tout seul, et il a dit « Ok ». J’ai sauté sur l’occasion et j’ai dit « Ce sera celui-là! »

C’est le troisième festival d’Avignon que vous faites avec ce spectacle…

Zoom sur Carine Coulombel et Auto-psyCarine Coulombel : Oui, et c’est mon cinquième Avignon depuis le début. J’aime bien l’ambiance du festival, qu’on ait du public ou pas du public, on se sent soutenu, on rencontre des compagnies… Jouer devant le public avignonnais, c’est jouer devant des gens qui viennent vraiment pour vous voir, pour se faire un marathon de théâtre. Cela fait plaisir de voir un public qui se déplace pour ça. Paris, c’est un autre public qui ne va pas tous les jours au théâtre. Ce n’est pas pareil qu’un public qui va aller voir 4, 5 pièces dans la journée. Ce n’est pas la même attention, ce n’est pas la même énergie non plus. La première année, le metteur en scène voulait présenter cette pièce à Avignon après un bel accueil à Paris. J’ai répondu à cette demande. Comme le spectacle a bien marché, j’y suis retourné la deuxième année. Comme il a encore bien marché, et que j’aime me donner des challenges, j’y suis revenue. J’ai changé de théâtre cette année, mais ça reste rue des Teinturiers. J’adore cette rue. Le spectacle marche encore, donc je ne sais pas vraiment quand est-ce que je vais m’arrêter, mais je m’amuse toujours autant, à donner la pièce à faire connaître ce texte, et cette mise en scène.

Vous allez reprendre ce solo, à la saison prochaine ?

J’espère le reprendre en février l’année prochaine, car là, je prépare une autre pièce, « Face de cuillère ». Une petite fille encore, qui a envie de chanter, mais elle est malade. Elle a le cancer. Pour moi, le premier challenge, c’est de chanter sur une pièce. Une envie depuis longtemps que de chanter sur une scène. Je prends des cours avec une chanteuse lyrique depuis deux ans et demi. Cette pièce verra le jour en janvier 2018. Je commence les répétitions après Avignon, au mois d’août, chez moi.

Chez vous ?

Dans mon théâtre, dans le 13ème arrondissement à Paris… Le Théâtre Stéphane Gildas, qui porte le nom du metteur en scène.

Festival d’Avignon Off
Auto-psy (de petits crimes innocents)
Ecrit par Gérard Gruhn
Mise en scène : Stéphane Gildas
Avec Carine Coulombel
Avec la participation de Giancario Ciarapica
Durée : 1h05

Espace Roseau des Teinturiers à 18h10

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