Théâtrorama

L’Ombre de Stella avec Denis D’Arcangelo

L'Ombre de Stella, l’envers de la star
©Dominique Laroche

Derrière chaque star il y a un destin mais aussi des proches, des confidents qui veillent à écrire la légende. Dans L’Ombre de Stella, Denis D’Arcangelo nous livre les mémoires grinçantes de l’assistante de Stella Marco, grande actrice de théâtre et de cinéma marquée par les années d’Occupation. Un portrait en creux entre haine et admiration.

Un double portrait de femmes

Il ne reste plus que Mylène Janvier, née Josette Puchaud, pour raconter l’histoire du monument du cinéma et théâtre français. Stella Marco est dans un long coma et seule son assistante est à même de raconter sa vie, ses succès, ses amours et ses failles. En acceptant l’offre généreuse de l’éditeur qui lui demande ses mémoires, l’assistante va peu à peu se délivrer, retrouver la lumière et le micro-enregistreur devenir l’instrument de la revanche. Stella Marco s’est relevée de toutes les situations, s’est imposée même quand on ne voulait pas d’elle et son parcours force le respect. Pourtant derrière sa ténacité, il y a Mylène l’intendante, qui elle aussi était actrice et lui a tout sacrifié.

La mécanique de l’ombre

L’Ombre de Stella de Pierre Barillet sonne vrai, quand bien même toute la mise en scène exacerbe la dimension théâtrale du texte. Dans cette hommage aux starlettes oubliés, le dramaturge à succès propose une évocation plutôt juste et nuancée de l’Occupation. Alors même que le contexte est très souvent mythifiée, il apparaît ici dans ses réalités les plus prosaïques. On s’accommode du quotidien, on attend, on fait avec et malgré les bombes et la peur c’est un moment d’amour fondateur et presque heureux pour Mylène et Stella. Sur le plateau, l’enregistreur est devenu une machine infernale, taillée à la serpe dans le carton pâte, tandis qu’entre le fauteuil et le champagne Mylène cherche sa place entre ombre et lumières. C’est une petite forme, un spectacle de boulevard qui se serait dépouillé d’une partie de ses effets.

Un monologue implacable

C’est par une claque que la relation entre Stella et Mylène a démarré. Le second rôle n’osait pas effleurer la joue de la star avant de tout donner. Le jeu de Denis D’Arcangelo a cette même franchise doublée de précaution qui correspond si bien au personnage. Il incarne ce rôle qui lui autorise les éclats de voix et les sorties de routes avec délice. Autant acteur que conteur, il parvient à faire exister un personnage qui n’existe pas. Le rapport de force est tel que Stella même absente domine la scène. Les séances de confidences se succèdent, épisodes savoureux balancée sur le ton de la discussion par un acteur très en verve qui maîtrise le mélange des genres entre apartés comiques et remarques plus amères. On laisse le personnage avec une certaine tendresse pour les fantômes du passé mais en regrettant que ce second rôle, pourtant marquant, ne se soit pas davantage imposé.

 

Festival Off d’Avignon
L’Ombre de Stella
Texte : Pierre Barillet
Mise en scène : Thierry Harcourt
Avec : Denis D’Arcangelo
Crédit photos: Dominique Laroche

Vu au Théâtre Actuel

Vous pourriez aimer çà

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *



Théâtrorama

Inscrivez-vous à notre newsletter pour recevoir plus d'actualités et profitez de nos invitations

Votre abonnement est enregistré avec succès !

Pin It on Pinterest