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L’Age libre, à la vie à l’amour

L'Age libre de la compagnie Avant l’aubeSauvagement inspirée des « Fragments d’un discours amoureux » de Roland Barthes, L’Age libre, la première création de la Compagnie Avant l’aube se présente également dans une forme fragmentaire. Compilation d’instants de vie et d’amour dans la vie des jeunes filles d’aujourd’hui, L’Age libre est une proposition théâtrale jubilatoire.

Entrer dans le ring

Quatre filles de part et d’autre d’un ring attendent le spectateur. Les cordes tendues installent une ambiance électrique et rouge dans la salle. Le spectateur est amené sur le terrain d’échanges vifs et enlevés ponctués par différentes entrées telles que “Déclaration” ou “Catastrophe” brandies comme autant de rounds différents. La forme fragmentaire se prête particulièrement à l’écriture collective ; s’y mêlent sans difficultés les témoignages des unes et des autres. Le vécu prend valeur d’exemple alors même que la mise en scène regorge d’astuces pour ne pas se prendre trop au sérieux. Il s’agit de se retrouver autour d’expérience communes ; non pas d’édicter de nouvelles normes, mais au contraire remettre en question celles qui existent déjà.

Cordes sensibles

Quand des individualités se rencontrent pour parler d’amour, elles apportent chacune leur lot d’anecdotes. Des différentes étapes, du coup de foudre à la séparation, le tour de force du spectacle est de faire de ces petites formes le récit d’une génération. Les formes sont diverses et divertissantes, elle permettent mine de rien d’adresser un message d’émancipation. Les actrices ne se laissent pas enfermer dans un rôle mais revendiquent de pouvoir passer d’un genre à un autre, comédie romantique ou dramatique, femme-fatale ou femme enfant. La musique interprétée au plateau par trois actrices-choristes et une violoncelliste-actrice permet de marier humour et émotion, variété et sacro-sainte musique classique.

Recoller les morceaux

La compagnie Avant l’aube fait de la liberté de ton sa marque de fabrique. Maya Ernest qui travaille la mise en scène de cette création collective encadre ici avec bonheur ces savants collages et ces hybridations savoureuses. Dans l’Âge Libre le détournement des stéréotypes vise à brouiller les frontières et à proposer de nouvelles pistes. Le théâtre est avant tout une question de jeu, on navigue ici à travers les représentations de l’amour qu’il naisse à distance, qu’il se développe dans un bar trouble ou qu’il meurt dans une scène de ménage. On ne peut que saluer au travers de ces expériences un discours féminin pluriel qui a la vertu de la variété.

Festival OFF d’Avignon
L’Age libre
Mise en scène : Maya Ernest
Avec : Agathe Charnet, Inès Coville, Lucie Leclerc, Lillah Vial
Création musicale : Inès Coville
Scénographie : Marion Dossilian, Clémence Turpin
Costumes : Chloé Foulquier, Christelle Nisin

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