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Ground zero – Compagnie Avant l’aube

Ground zero - Compagnie Avant l’aube
© Hortense Ryl

Elles sont sept et sont nées dans les années 1990. Ground Zero est leur récit mais aussi le nôtre. Cette troisième création de la Compagnie Avant l’aube explore par l’écriture collective les liens entre petite et grande histoire et offre ainsi le portrait d’une génération française.

Dans Ground zero, en entend la déflagration du 11 septembre 2001, la mise à plat du Wall Trade Center et les projets d’avenir d’un Occident frappée sur son sol. Le deuil est global, les attentats n’ont pas touchés que les Etats-Unis. Sans être exhaustive, la chronologie qui se déploie de la Naissance en 1991 à La Nuit du chasseur en 2015 est jalonné de catastrophes et d’événements tel que la tempête de 1999, le tsunami de 2004, l’arrivée de Jean-Marie Le Pen au second tour des présidentielles de 2002 ou Nuit debout en 2016. Des faits connus de tous, largement relayés par les médias mais ici rapportés de façon personnelles, évoqué par le détail comme l’on partage des souvenirs communs.

Ground Zero: je me souviens …

Que faisiez vous ce jour là ? Le 11 septembre 2001, une fille traitait sa mère de salope. Le global et le local ne font plus qu’un, la définition même de la mondialisation. Les guerres du Golfe deviennent l’enjeux de lutte de cours de récréation. A la manière d’Annie Ernaux et son livre Les années, la compagnie Avant l’aube se propose de mesurer le temps à l’échelle d’individus, d’abolir les distances. Peut-être une personnalité se construit-elle en choisissant ses dates, peut-être une époque se construit-elle en se reconnaissant des références communes. Le regard rétrospectif des sept comédiennes est franc, plein de dérision. Les évènements, les tragédies que l’on annonce gravement se mêlent aux rengaines publicitaires et paroles de chansons. Plein d’inventivité la compagnie refuse de prendre l’époque au drame, le souvenir n’est pas nostalgie ou résignation.

Génération désenchantée

En 2017, qu’est-ce qui n’a pas déjà été fait ? Qu’est-ce qui n’a pas déjà été dit ? Cette impression d’arriver après l’histoire, le collectif Catastrophe l’avait partagé dans sa tribune “Puisque tout est fini tout est permis”. Les sept comédiennes partagent ce constat et cette envie de jeu dans leur création. Désenchanté peut-être entament-elles avec les paroles de Mylène Farmer mais pas tristes. La pièce est un objet à créer ensemble, le public devient un partenaire de jeu, un écran avec lequel interagir au delà des j’aime ou j’aime pas des réseaux sociaux. Ground Zero fait fi des clichés sur une génération apolitisée mais propose d’examiner le rapport à la communauté autrement, comme un engagement de tous les jours.

 

Festival d’Avignon Off
Ground Zero
Compagnie Avant l’aube – Écriture collective
Mise en scène : Maya Ernest
Avec Agathe Charnet, Inès Coville, Giulia De Sia, Mélina Despretz, Lucie Leclerc, Sixtine Leroy, Lillah Vial
Durée: 1h20

Crédits photo: Hortense Raynal

Théâtre des Barriques à 18h10, jusqu’au 29 juillet, les jours impairs

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