Théâtrorama

Five et cinq danseurs

Five - La symbolique du chiffre de Laura ArendLaura Arend fait de chacun de ses spectacles une expérience de vie. Après avoir présentée Yama avec la Laboratory Art Company qui résultait de plusieurs mois de création en Inde, la chorégraphe montre Five conçu entre Israël et la France.

Five c’est cinq années de travail, cinq danseurs sur scène et un travail sur la symbolique du chiffre. Laura Arend s’est accompagnée pour cette création de quatre danseurs issues de la Batsheva, de Vertigo et la Kibbutz Dance Company. Mêler danse et voyage est pour elle le moyen de proposer de nouvelles formes, d’entamer de fructueux dialogue entre les cultures et de provoquer un enrichissement mutuel. Un cercle vertueux en somme et un travail du collectif qui a ici les qualités de ses défauts. Si le plaisir de danser, caractéristique de la méthode gaga, est bien palpable, il se fait parfois au détriment du spectateur. Le début approximatif où chacun cherche ses marques rappelle ainsi le déroulement d’un atelier, quand, à d’autres moments, les plus réussis, le spectateur devient parti du dispositif.

5, 4, 3, 2, 1…

On peut voir dans Five une évocation de l’enfance, les costumes, t-shirts et culottes courtes, baskets et chaussettes de couleurs assorties aux sacs nous y renvoient. Ce sont des jeux qui se succèdent sans prévenir dont il faut comprendre les règles au fur et à mesure. Il ne faut pas se toucher au premier abord, avant d’ évoluer ensemble, il faut marcher en ligne sans se croiser puis trouver son geste au sein d’un collectif. Il faut attraper des biscuits au vol avec la bouche et puis ne pas tomber. Le langage du corps est au centre de cette pièce qui semble manquer d’un propos global. Trouvé dans la rue, dans le marché des mouvements expriment la frénésie et la vivacité de la ville quand d’autres demeurent plus floues. “Forme légère qui peut être jouée n’importe”, Five laisse aussi penser qu’il s’agit d’un spectacle aux mouvements chorégraphiques modulables.

Joue-t-on encore à la fin ? La résolution de Five est le moment où le spectacle est le plus fort. Les gestes répondent au son, bruit de baffes et de coup de feu dans un travail de l’automatisme et de la réaction qui évoque la violence aussi présente en Israël. Flirtant avec les limites, la danse se confronte au problème de la représentation de la réalité et montre un visage plus contrasté du pays, une vision de la communauté plus nuancée. Cette prise à parti du spectateur qu’il faudrait travailler encore n’est pas vaine, cette danse brute encore imprécise est loin d’être sans intérêt mais peut-être faudra-t-il resserrer le propos.

 

Festival Off d’Avignon
Five
Chorégraphie : Laura Arend
Interprétation : Laura Arend, Nitsan Mergaliot, Marija Slavec, Lola Mino, Eli Cohen (remplacée ponctuellement par Océane Robin et Alice Sundara en alternance)
Musique : Didi Erez
Costumes : Christiane Petitnicolas
Crédit photos: Jérôme Brody
Durée: 50 minutes

Au théâtre Golovine à 20h30

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