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Boys don’t cry mis en scène par Maya Ernest

Boys don't cry - les garçons de la bandeLes garçons ne pleurent pas, on connaît le refrain. Pour cette nouvelle création de la Compagnie Avant l’Aube, quatre garçons montent sur le plateau. Entre malaise et musique, colère et paillettes, Boys don’t cry envisage d’autres manières de parler du masculin.

Tu seras un homme mon fils

Quatre garçons autour d’une table, un verre à la main. Un commandement apparaît dans le fond de scène tandis qu’une musique, religieuse résonne. Dans cette cène en petit comité, l’un des garçons plus que les autres assume sa position de martyr. Les références chrétiennes émaillent le spectacle comme un cadre de pensée, horizon et limite du patriarcat. Les hommes ont des obligations, ils sont chargés de famille, de société. La religion nous enseigne qu’ils sont forts et la culture occidentale qu’ils ne doivent pas pleurer. Le contraste entre les poses de ces garçons attablés et ces citations renvoient à une sorte de rituel. Des amis se retrouvent pour échanger, se plaindre et raconter leur vie quitte à ne pas coller à l’image de l’homme idéal, en assumant leur failles.

Scènes de la prostitution masculine

Les quatre acteurs se partagent une galerie de personnages féminins et masculins. La pièce se construit dans le croisement et la succession de plusieurs récits. Des histoires de prostitution plus ou moins choisies, plus ou moins subies mais où le dégoût des autres et de soi est toujours prégnant. Histoire de profit organisé pour un banquier reconverti ou de continuité pour un garçon vieilli tombé dedans quand il était petit, l’écriture joue du cliché sans toujours s’en dépêtrer. Les témoignages se succèdent sur la solitude, la sexualité, des sujets sensibles mais qui mériterait encore d’être approfondis. Sous une pluie de paillettes, comme pour interroger la norme, la représentation de la masculinité elle-même est en souffrance.

Héros du jour

Il n’y a pas un modèle ici à suivre, mais différents garçons qui cherchent à se frayer un chemin dans le monde. Qu’ils paraissent sûr d’eux ou plus hésitants, ils se révélent victime d’un système où il faut se faire une situation, gagner de l’argent. Victimes d’un rapport aux femmes également qu’ils satisfont sans véritablement les désirer ni pouvoir les aimer. Le tabou masculin du sentiment est traité de façon brutale. Les observations qui ont conduit à cette création sont justes, même si on ne peut s’empêcher de trouver certaines scènes plus intéressantes que d’autres. Le fil rouge tenu par Léonard Bourgeois-Tacquet, l’un des personnages les plus caractérisés, est fort mais pas assez affirmé encore. Qui trop embrasse, mal étreint ; on peut regretter dans cette pièce que le sujet n’ai pas été mieux cernés. Les moments les plus beaux sont ceux où les garçons apparaissent ensemble, un rapport aux autres très théâtral dont on aurait aimé véritablement voir les dessous puisque finalement les hommes pleurent aussi.

Festival Off d’Avignon
Boys don’t cry
De Jean-Gabriel Vidal-Vandroy
D’après une idée originale de Maya Ernest et Jean-Gabriel Vidal-Vandroy
Mise en scène : Maya Ernest
Avec Léonard Bourgeois-Tacquet, Vincent Calas, Raphaël Goument, Aurélien Pawloff

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