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Après une si longue nuit de Michèle Laurence

Après une si longue nuit… Une lueur d’espoir à travers ces quatre histoires qui s’entrecroisent en chemin de croix partagé. La pièce de Michèle Laurence signe le récit d’une reconstruction où la fraternité devient le ciment scellant les fondations de l’être…

Après une si longue nuit

Vers l’avenir

Une salle d’attente qui suspend l’avenir et ouvre les portes du passé. Quatre orphelins se retrouvent dans un hôpital après dix ans de séparation, pour rendre visite à leur mère adoptive mourante. Celle qui a aidé ces enfants de quatre cultures différentes à se reconstruire malgré les coups portés par la guerre, les conflits, la violence et la mort. Quatre gamins fracassés en mille morceaux qui ont réappris l’amour au sein d’une famille en patchwork.

Après une si longue nuit

Ils se réunissent, ces mômes en errance devenus adultes en résilience, comme un dernier hommage à cette mère de substitution qui leur a donné la confiance suffisante pour aller de l’avant dans une enfance sévèrement minée. Il y a Sarah, née à Jérusalem, et Samir, le frère ennemi dans la théorie, tous deux brisés par un conflit qui paradoxalement les rassemble. « Tékitoi », venu d’Afrique, tellement traumatisé que la mémoire s’absente temporairement pour le protéger d’une réalité immonde et inhumaine, et Pierrot, le petit Français un peu tête brûlée qui n’a certes pas connu la guerre, mais une violence sociale qui le fait naître dans une poubelle. Peu importe leurs origines, la tendresse est œcuménique et panse les plaies.

Fratrie fraternelle

L’enfance resurgit par surprise. Se revoir fait renaître les souvenirs, les épisodes en traumatismes douloureux du passé. Les frontières de temporalité se brouillent sur scène et cohabitent grâce à la virtuosité des quatre comédiens et la mise en scène épidermique de Laurent Natrella qui saisit les personnages dans leur retranchement et joue avec l’espace pour multiplier les retours en arrière qui rembobinent l’histoire en faisant des pauses et en jonglant avec les silences.

Dans cette salle d’attente indéfinie qui permet au passé de se projeter dans cet espace en corridor de la pensée, le très beau texte de Michèle Laurence, où chaque mot effleure à fleur de peau, prend toute sa résonnance. Elodie Menant, rayonne d’une belle intensité, Slimane Kacioui séduit par la subtilité de son jeu, Maxime Bailleul excelle dans le rôle de l’écorché vif, un peu bad boy au grand cœur, et Olivier Dote Doevi bouleverse par la puissance de son interprétation. Après une si longue nuit fait basculer l’espace d’un moment dans une réalité tristement d’actualité sans surenchère ni dramatisation. La pièce est un voyage émotionnel qui célèbre la fraternité dans un chant d’amour traversé par un cri.

 

Festival Off d’Avignon
Après une si longue nuit
De Michèle Laurence
Mise en scène de Laurent Natrella Sociétaire de la Comédie-Française
Assisté de : Laure Berend-Sagols
Avec Elodie Menant, Slimane Kacioui, Maxime Bailleul, Olivier Dote Doevi
Lumière : Elsa Revol
Scénographie : Delphine Brouard
Bande son : Dominique Bataille
Durée : 1h20
Crédit photos : Rémy Disch

Au théâtre du Roi René à 20h30

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