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Festival OFF d’Avignon – Les Prométhéens

Les Prométhéens Matthieu HornussLes Prométhéens – Sur les pas de Nikola Tesla. Son nom est un peu tombé dans l’oubli et on a fini par ignorer l’importance de cet ingénieur américain d’origine serbe. Pourtant Nikola Tesla a déposé quelques 300 brevets couvrant au total 125 inventions attribuées souvent à tort à Edison. Il a inventé notamment les premiers alternateurs, permettant la naissance des réseaux électriques en courant alternatif. Celui-là même qui permet d’éclairer nos villes comme en plein jour. Tesla était renommé pour ses inventions et pour son sens de la mise en scène, ce qui le faisait passer pour l’archétype du « savant fou ». Dans sa générosité, comme Prométhée qui offrit le feu aux hommes, Tesla espérait que la découverte de cette énergie dite libre pourrait être donnée gratuitement à l’ensemble de la planète.

Le personnage a tout pour être romanesque. S’inspirant du travail d’auteur et de metteur en scène d’Alexis Michalik ou de l’histoire à rebondissements d’un « Da Vinci Code », Matthieu Hornuss, comédien de formation, signe là sa première pièce en tant qu’auteur et metteur en scène. Sur la base de ces faits historiques, il nous conduit des États-Unis en Iran en passant par la France, l’Angleterre et l’Italie ; Il nous fait traverser sur les pas de Tesla, le XIX° et XX° siècle pour mieux nous ramener à notre époque.

Les Prométhéens – Une aventure électrique et illuminée

Mêlant fiction et Histoire, la pièce a pour point de départ l’histoire de la famille de Rinssac qui se caractérise par le goût du pouvoir de ses capitaines d’industrie. Gabrielle de Rinssac n’est pas revenue à Paris depuis des années. Son père Lazare de Rinssac, PDG du premier groupe pétrolier français vient de mourir. Si son frère prend la succession du père à la tête de l’entreprise , Gabrielle reçoit un mystérieux carnet rouge contenant les recherches de sa mère, morte peu après sa naissance, sur Nikola Tesla et sur les travaux de certains des plus prestigieux scientifiques de notre histoire comme Clément Ader, Edison, Einstein ou Marie Curie à l’origine de la création d’un groupe qui se faisait appeler « Les Prométhéens »…

Il faut reconnaître à Matthieu Hornuss une certaine habileté à emmener le spectateur dans les méandres d’un récit épique qui traverse les pays et les époques, sans jamais perdre le fil : au XIX° siècle ou pendant la dernière guerre, à Paris ou dans une géôle iranienne. La pièce est écrite à la façon d’un film avec ses flashbacks et ses ellipses. Mattuieu Hornuss organise sa mise en scène à partir d’une scénographie constituée essentiellement par un mur d’ampoules – comme un symbole en raccourci des recherches de Nikola Tesla et de l’essor industriel des siècles passés – et avec pour tout décor trois chaises et quelques accessoires. À partir d’une bande sonore très précise, des chorégraphies de lumière accompagnent un thème musical ou les ambiances d’une époque. Très présent, ce mur d’ampoules crée de l’irréalité tout en faisant jaillir du plateau nu toutes les situations. Cependant tout cet aspect esthétique ne serait rien sans la mobilité et la créativité des six comédiens qui jouent les vingt-huit personnages de cette histoire.

Changeant d’accents, de costumes avec une rapidité incroyable,les scènes souvent courtes se succèdent sans que leur énergie ne faiblisse. Au-delà de l’épopée, la question centrale de la fable est une interrogation de chaque instant sur l’identité et l’héritage. « On suit les traces que d’autres ont laissé pour vous » dit un des personnages de la pièce dès les premières répliques. L’entrecroisement des situations, le télescopage des lieux, des époques, la quête , n’ont pas d’autre raison que cette question qui vient frapper à la porte de tout un chacun au moment des grands changements qui ne manquent pas de jalonner le temps humain.

Les Prométhéens
Texte & Mise en scène: Matthieu Hornuss
Avec Benjamin Brenière, Samuel Glaumé, Ludovic Laroche, Didier Niverd, Ariane Mourier et Sandra Parra
Musique : Christophe Charrier / Création Sonore : Ludovic Champagne / Création Lumière : Jean-Yves Perruchon / Costumes Marion Rebmann
Durée : 1 h 20

Festival d’Avignon – Au Théâtre des Béliers à 15h50

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