Théâtrorama

Que faire de sa vie quand la neige est tombée ? Quel récit inventer quand tout futur est condamné ?

Après un accident nucléaire, une petite famille organise sa vie dans un préfabriqué, logement de fortune pour réfugiés. La vie continue, étrange, inquiète. La petite fille joue, elle va à l’école. Le père cherche du travail. La femme tente d’organiser un semblant de normalité. La vie continue même si la mort est au bout, car il ne faudra plus faire d’enfants désormais. Les ventres enfanteront des monstres.

Le spectacle d’Aurélie Namur est confondant de beauté. L’espace du préfabriqué agit comme le cadre d’un tableau dans lequel s’exprime la plus inquiétante des étrangetés. D’où là metteure en scène et écrivaine tire-t-elle ses images ? Pourquoi leur simplicité nous amènent-elle peu à peu au bord de l’abîme ?

Réalisme magique et rêve réel

Peut-être parce qu’elle utilise une forme de réalisme magique, qui décale subtilement des images qui se laissent peu à peu contaminer par le rêve. Peut-être parce que ce rêve reste subtilement en lien avec la situation et qu’il n’en est que plus vibrant. En d’autres termes, l’étrangeté du présent vécu par les protagonistes fait un pont efficace vers le rêve qui en retour peut devenir réel. Nous pouvons ainsi accéder aux profondeurs du récit comme de l’émotion.

Si le jeu d’acteurs est par moments convenu – du moins lorsque je suis venu voir le spectacle -, la présence de la petite fille achève de nous enchaîner à la situation. Le jeu de l’enfant amène en effet sur le plateau une sensation de présent pur. C’est la vie que l’on voit s’exprimer, et qui joue dans le cadre de ce tableau mort.

La folie peut alors se déployer, derrière les larmes retenues. Des images violentes et douces surgissent, comme sorties tout droit d’un imaginaire de théâtre japonais. Le déni du réel éclate au grand jour, le désespoir s’exprime par des éclats de rire, et c’est à notre tour alors de pleurer.

  • Après la neige
  • Texte et mise en scène : Aurélie Namur
  • Assistanat mise en scène : Anna Zamore
  • Dramaturgie & collaboration artistique: Félicie Artaud
  • Interprétation : Julie Méjean, Brice Carayol et en alternance Brunelle Damond, Chloé Marty-Ané et Lyra Hugand
  • Scénographie : Claire Farah
  • Jusqu’au 25 juillet à 10h à La Manufacture

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