Théâtrorama

Philippe Découflé dépoussière le Crazy Horse, en lui apportant une tonalité toute nouvelle, plus actuelle, à travers projections vidéos, ombres chinoises et mises en scène très esthétiques. C’est chic et sensuel.

« La scène est très petite, les corps sont formatés, maquillés et tout le travail consiste à avancer dans une création nouvelle tout en préservant l’esthétique d’Alain Bernardin ». C’est une évidence : le chorégraphe de Sombreros et des cérémonies
des JO d’Albertville a dû composer avec certains impératifs indissociables de ce haut-lieu des nuits parisiennes. Mais, cette exigence n’a pas pour autant bridé l’inspiration du créateur qui dissémine ici et là sa touche très personnelle. Dans les pas d’Alain Bernardin, l’inventeur du nu chic, Philippe Découflé a sans aucun doute réussi le pari de renouveler un peu le genre, avec le spectacle « Désirs », sans que le Crazy Horse y perde son âme, bien au contraire.

Crédit photo Richard Aujard
Crédit photo Richard Aujard

Evocations sans provocation
Les codes sont là, indétrônables. Ainsi, impossible d’échapper au traditionnel tableau d’ouverture, pimenté par des girls en tenues de Horse Gards et coiffées de leur incontournable couvre-chef. Mais la séquence se clôt de manière inhabituelle par un défilé d’ombres chinoises sur fond de couleurs criardes dévoilant le bataillon au repos. Première griffe signée Découflé. Autre nouveauté, plus inattendue : certaines séquences vidéos évocatrices font agréablement la charnière entre les tableaux : un paysage de fesses et de cambrures filmées s’impose sans une once de vulgarité. Les corps se dévoilent, se meuvent lentement, se frôlent même, avec un souci de l’esthétique surprenant. Une note d’humour s’introduit parfois avec bonheur au cours de ces intermèdes, comme le temps du passage inopiné d’une serveuse mutine qui déshabille au vol de son plumeau des photos de pin-ups érigées grandeur-nature sur la scène.

Crédit photo Richard Aujard
Crédit photo Richard Aujard

Parmi la dizaine de tableaux, quelques séquences offrent de belles surprises, portées par une mise en scène originale, laissant une large place à l’interprétation et à la danse. Ces tableaux, moins convenus et mécaniques, n’en sont que plus vivants et dévoilent le talent évident de ces danseuses, tout en faisant grimper progressivement la température sur le baromètre de la sensualité. Dans « La Crise », une secrétaire engoncée dans son tailleur strict pète un câble, effarée par l’annonce en boucle, sur un large écran vidéo, de cotes en bourse vertigineuses. Epatant. Sur une reprise de « Toxic » de Britney Spears (avec une version piano de la chanteuse Yael Naim), « Upside Down » offre un moment chorégraphié tout aussi inventif : trois girls effleurent avec grâce un long miroir installé en biais, dont les reflets composent un ballet de corps démultipliés enivrant. De quoi rougir de Désirs…

[slider title= »INFORMATIONS & DETAILS »] Crazy Horse : Désirs (site web)
Chorégraphie : Philippe Découflé

Du dimanche au vendredi à 20h15 et 22h45
Le Samedi à 19h00, 21h30 et 23h45
Réservations : 01 47 23 32 32[/slider]

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  1. mon rêve serait de venir assister au moins une fois dans ma vie à ce magnifique et si réputé spectacle!

    Parmantier Patricia / Répondre

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