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Weaver Quintet – Les Hivernales d’Avignon

Weaver Quintet – Les Hivernales d’AvignonAlexandre Roccoli entremêle autour de Weaver Quintet de nombreuses histoires. Il invite sur son plateau danseuses et musicienne pour conter les gestes centenaires des tisserands et évoquer une mémoire problématique, celles des ouvrières victime de tarentulisme ou d’Alzheimer.

Tarentelle et traumatisme

Le spectacle n’est qu’une partie du projet Weaver et on le comprend rapidement. Un témoignage se surimpose sur l’écran, celui d’une tisseuse d’un autre siècle atteinte de tarentisme. Un mal nerveux que l’on imputait dans le Sud de l’Italie à la morsure d’une araignée et dont on se purgeait par une danse spectaculairement énergique. La tarentelle déjà, qu’Alexandre Roccoli déploie rapidement dans un premier thème musical. Le chorégraphe et commissaire d’exposition cherche à nouer différents thèmes dans son projet les maladies nerveuses, le geste des tisseuses, la tradition et la maladie d’Alzheimer. Cette narration de la mémoire si elle s’établit semble-t-il assez finement dans les vidéos ne trouve en revanche pas de cohérence dans le spectacle.

Trames et états de transe

Aux trois danseuses, il faut ajouter sur le plateau la créatrice lumière et la musicienne pour obtenir le quintett. Un plateau féminin pour un propos qu’on devine engagé mais tacite. Un esprit de sororité règne en effet sur le plateau, une confiance qui permet à chacune de s’exprimer librement et de s’abandonner à la transe. Les propositions sonores travaillées à partir de la tarentelle donc mais aussi de chants traditionnels italiens et des bruits lié à l’activité textile se juxtaposent jusqu’à créer un système hystérique. Chacune se livre aux pulsations de son corps, aux battements sourds de l’électronique. L’une après l’autre en se soutenant mutuellement, et puis l’une avec l’autre dans une communion sauvage et charnelle qui n’est pas sans beauté.

Le tissage autour du drame

Dans les costumes, dans certains geste résident quelque chose d’arachnéen. Une atmosphère sombre qui relève parfois de la posture mais impressionne au premier abord. La présence de la terre sur le plateau marque les esprits même si les jeux incessant avec le sol et le marquage brouille inutilement l’attention. Différentes approches se mêlent qui ne parviennent pas à toujours à convaincre avec d’un côté une approche assez conceptuelle et de l’autre inutilement illustratives avec de faux métiers à tisser qui cache de façon assez ridicule le poste de la musicienne. Entre ces va et vient, quelque chose de confus ne nous permet pas d’appréhender le rituel cathartique, ni même de rassembler les bribes éparses du propos d’Alexandre Roccoli.

 

Weaver Quintet
Chorégraphie: Alexandre Roccoli
Conseiller en dramaturgie: Florian Gaité
Danseuses : Daphné Koutsafti, Juliette Morel, Véra Gobatcheva
Musique Live : Deena Abdelwahed
Création Lumière : Rima Benbrahim
Régie générale : Hugo Frison
Ingénieur Son: Benoist Esté

Crédit photos: Laurent Paillier

Vu dans le cadre des Hivernales d’Avignon

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