Théâtrorama

Traum – SMITH & Matthieu Barbin

TraumTraum est une oeuvre transdiciplinaire. Un cycle de vidéo, de photographies et de publications de l’artiste SMITH qui aboutit aujourd’hui, grâce au soutien de la fondation d’entreprise Hermès et de son programme New Settings, au plateau du Théâtre de la cité international avec le chorégraphe Matthieu Barbin. Une pièce hybride par bien des aspects.

Espace sidéral

L’histoire a commencé bien avant que le spectateur n’entre dans la salle. Plongée dans la pénombre le plateau ne laisse deviner que le corps étendu, mort ou endormi, de Matthieu Barbin. Celui-ci incarne, dans la mythologie mise en place par SMITH et Lucien Raphmaj, Vlad un cosmonaute perdu dans l’espace après la destruction de la station dans laquelle il habitait. Condamné à mourir sans oxygène ni ressource, Vlad était ce personnage lointain et crucial de l’histoire. L’origine du traumatisme, le début d’un rêve. Le paradoxe de V. éclaire ces derniers moments et représente ainsi à la scène un défi de taille. Manifester à l’échelle d’un spectacle cette fraction de seconde entre la vie et le trépas, cette tension de l’au delà nécessite de développer un langage chorégraphique particulier et un rapport au corps cosmique.

Les lois de la physique et de l’onirisme

Les projecteurs braqués sur lui, le danseur bouge à peine. La main peut-être comme pour un adieu, il semble s’agiter mais si doucement que c’est dans la paradoxale répétition que l’on comprend ce geste. Suivant une diagonale, il se dirige vers le fond de scène lentement, détachant chacune des parties du mouvement. Etoile filante, le danseur au ralenti nous propose une expérience d’un temps dilaté. Quand il achève sa course au milieu de la poussière, il a converti l’espace en durée. Combien d’années-lumière ? Il se lève et endosse une sorte de jupe, celle des derviches tourneurs qu’il se met à secouer comme pour une mise en orbite. Matthieu Barbin joue des rythmes comme pour souligner les théories physiques de la relativité ; très lent puis très rapide, tout est fait pour provoquer le trouble et susciter les images. Jusqu’aux accessoire et ces bottes à plateformes qui réconcilient le monde de la nuit et celui de l’astronomie, si lourdement rattaché à la terre.

Mouvements d’étoile

La fiction l’emporte sur la science. SMITH entend faire de son personnage une constellation à l’image de la consécration que les dieux grecs accordent à leurs valeureux héros. L’idée se traduit par un dispositif de néons particulièrement astucieux qui joue des apparitions et disparitions. La dramaturgie de cette pièce, est-ce étonnant de la part d’une photographe, s’adosse ainsi à la lumière. Le corps de Matthieu Barbin rendu si peu humain explore les limites de la danse et du déplacement. C’est une succession d’image à l’image de l’univers et un langage que nous n’avons peut-être jamais entendu. Sur scène, quoique caché par une régie aux allures de cockpit, Victoria Lukas parachève cette impression avec ses fréquences sourdes et planantes. De quoi s’affranchir de la pesanteur.

Traum
Conception et mise en scène • SMITH & Matthieu Barbin
Décors • Marion Abeille
Avec la participation de • Matthieu Prat (Kassandras)
Musique • Victoria Lukas
Création lumière • Fabrice Ollivier
Livret • Lucien Raphmaj
Costumes • Zélia Smith
Maquillage/SFX • Angèle Micaux
Crédit photos: SMITH

Vu au Théâtre de la Cité

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