Théâtrorama

Rocco au théâtre des Bernardines

Une chorégraphie en uppercut… On se souvient du Boxe boxe de Mourad Merzouki en 2010. Rocco, qui s’inspire librement du film de Visconti, Rocco et ses frères, propose une danse sur le ring dans un ballet boxé.

Le public vient assister à un match. Il s’installe tout autour du ring où les boxeurs sont prêts au combat. Ambiance fumeuse et électrique qui annonce un corps à corps fiévreux. L’affrontement est retardé par l’intervention de deux chauffeurs de salle censés faire patienter et amuser les spectateurs dans un simulacre de combat. Les deux ombres aux têtes de souris (qui font certainement partie de la famille des petits rats de l’Opéra) se décochent joyeusement des crochets avant de laisser la place aux poids moyens.

La ronde des rounds

Rocco Ballet de Marseille Le ring resserre naturellement l’espace des danseurs. Un faisceau lumineux va encore recadrer l’emplacement qui leur est imparti dans un rapprochement intimiste des corps qui s’étudient en miroir. Un jeu de lumière qui n’est pas sans rappeler Up, la chorégraphie de Bruce Blanchard et son récit d’ancien streetfighter. Le projecteur diffuse un rayonnement  en chanson douce, transcendant le temps sur les notes légères d’une musique d’enfance retrouvée qui tranche avec le bit des combats. Le focus est fait sur les chaussons de danse qui font un pied de nez aux gants de boxe. Un jeu de jambes élégant qui suit l’élargissement progressif du diamètre de lumière, comme une ronde d’un rituel de lutte africaine. Si la synchronicité des danseurs reste parfois fébrile, l’effet visuel n’en perd pas sa force pour autant. Ce premier duo de danseurs laisse la place aux poids lourds de la danse.

Les deux souris du début font progressivement tomber le masque et le costume pour littéralement hypnotiser le public dans un combat dansé sensuel et félin. Les mouvements de danse et de boxe finissent par se confondre dans une synergie qui réinvente un pas de deux envoutant. Fluidité des corps qui boxent en rythme, puissance de la danse qui distribue ses jabs en jetés. Un intermède enrobé de douceur sur Dalida, en clin d’œil à Alain Delon, contribue à dissiper cette énergie vitale et charnelle (quoique…) pour repartir de plus belle dans un enchaînement de round qui met le public K.O. de satisfaction esthétique.

Rocco
Pièce pour 4 danseurs
Concept et chorégraphie Emio Greco, Pieter C. Scholten
Bande son Pieter C. Scholten
Costumes Clifford Portier
Lumières Paul Beumer et Pieter C. Scholten

Vu au Théâtre des Bernardines

Dates de tournée

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