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Phasme, variations sur l’immobile

Et un phasme sans fast va sans dire… La chorégraphe Fré Werbrouck poursuit ses métamorphoses avec ce deuxième volet d’une série intitulée «Variations sur l’immobile ». Le mouvement saisit l’instant pour nous faire basculer dans une réalité intemporelle.

De la danse à la peinture, il n’y a qu’un pas que franchit la chorégraphe. Son travail s’inspire de l’œuvre de Michaël Borremans. Des tableaux réalistes, à la frontière de la photographie, mais qui rompent toute convention avec leur sujet en représentant des corps coupés au niveau du bassin. Des plans tronqués qui changent la perspective pour composer une autre réalité.

phasmeSur scène, une femme tronc, encastrée dans un bureau, expérimente son nouvel espace. Prisonnière de son environnement, elle n’en résiste pas moins, en Antigone déphasée. Et sa résistance passe par sa mutation en phasme. Avez-vous déjà pris le temps d’observer ces charmants insectes à la raideur parfaite, qui feraient pâlir d’envie plus d’une ballerine ? Le phasme, donc, a fondé sa stratégie de survie sur sa ressemblance avec une branche d’arbre. Chacun de ses mouvements est un effort mesuré. Il finit par se fondre dans le décor jusqu’à se faire oublier.

Il sera en revanche difficile d’oublier la performance de Lise Vachon qui hypnotise le public. Métamorphose réussie sans autre artifice que celui de la lumière. La danse apprivoise le temps et dompte un mouvement minimaliste qui s’adapte au cadre imposé. La lumière se réfléchit sur la surface plane du bureau pour donner une résonnance nouvelle à ce buste éclairé qui se transforme à chaque geste. Le spectateur plonge dans cet univers métaphorique d’une réalité où les contraintes dictées par une société normée poussent à adopter un comportement qui ferait presque passer le phasme pour le plus proche parent de l’homme. Une remise en question où chaque détail du corps pèse sur une chorégraphie à la beauté esthétisante envoûtante.

Phasme
Concept et mise en scène : Claire Farah, Eve Giordani, Fré Werbrouck
Chorégraphie : Fré Werbrouck
Dramaturgie : Eve Giordani
Interprétation et chorégraphie :Lise Vachon
Scénographie et Costumes Claire Farah
Création son Boris : Gronemberger
Création lumière : Marc Lhommel
Crédit photo: © D’Ici P

Les 16 et 17 mars aux Brigittines dans le cadre du Festival in movement

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