Théâtrorama

Marco Polo

De la danse à la transcendance…

Un voyage poétique qui nous entraîne vers un syncrétisme artistique. Le livre des merveilles de Marco Polo, rédigé en prison, s’ouvre sur un monde féerique qui mêle les aventures de l’explorateur aux rêveries éveillées en quête d’identité. Une route de la soie qui mène au chemin vers soi…

Crédit photo Pascal Elliott
Crédit photo Pascal Elliott

Le corps est la passerelle qui permet d’appréhender l’univers mais aussi un monde plus intérieur, en passant de l’un à l’autre sans rupture. Quand un homme seul, allongé au centre de la scène et couvert de bandages, s’éveille comme un convalescent qui a perdu la mémoire, l’histoire reste à écrire ou plutôt à danser. Marco Polo reprend son souffle dans les pas d’une mystérieuse dame blanche, une muse évanescente qui le guide dans sa quête. Il retrouve son nom et son énergie de découvreur pour repartir à reconquête de terres inconnues. Il traversera quatre mondes où se mêlent le réel et l’imaginaire. Après avoir fait naufrage dans un désert ancestral, Marco Polo parcourt les steppes de la Chine impériale pour faire face au grand Khan. Le passé s’efface pour laisser la place à un espace futuriste où règne le chaos comme un enfer de damnés avant de se perdre dans une vision d’une société où les hommes sont devenus des robots. Un voyage initiatique qui se nourrit d’énergie vitale pour rejoindre la source de nos inspirations. Tour du monde mystique qui flirte avec le sacré et distille les symboles en filigrane.

Crédit photo Pascal Elliott
Crédit photo Pascal Elliott

Fusion parfaite
Marco Polo crée la rencontre entre l’Orient et l’Occident… C’est l’occasion de mêler toutes les influences qui font la richesse d’une culture. Magie des alliances : loin de résonner en dissonances, les énergies s’accordent pour former une harmonie nouvelle. Fusion des arts où la danse compose avec la musique. Trois chanteurs apportent chacun leur univers. Adèle Carlier incarne le chant lyrique, Shin Shin Wang, la musique traditionnelle chinoise et Salar Aghili, le chant iranien. Le son de The Chemicals Brothers se raccroche à la partition comme une évidence. Les différences fondent pour se projeter dans une seule et même voix. L’art numérique fait son intrusion en présentant un film d’animation de Christophe Rendu et Marie Decavel, qui loin de créer un fossé avec le monde réel, renforce la poésie du spectacle. Emouvant moment de savourer Marie-Claude Pietragalla danser en symbiose avec son double dessiné. Les deux parviennent à se suspendre sur le fil de la grâce pour toucher le sublime du bout des doigts.

Crédit photo Pascal Elliott
Crédit photo Pascal Elliott

Et puis fusion de la danse qui mélange les énergies entre classique, contemporain, danse africaine, orientale, Hip-Hop, capoeira, arts martiaux… Chaque danseur arrive avec son bagage de techniques. Mais loin de rester cloîtré dans son univers, il le partage avec ses partenaires, s’ouvre et s’enrichit d’autres influences. La scène devient un maelstrom artistique où le mouvement est poussé à son paroxysme. Les tableaux s’enchaînent comme des œuvres d’art qui imposent leur univers. De la danse orientale où le corps libéré se fait sensuel et contraste avec l’alignement des ombres animées des femmes en burqa, aux cyborgs aseptisés qui ne sont pas sans rappeler le génial Drop It de Franck II Louise, il n’y a qu’un pas que franchit Marco Polo. Il traverse ces univers comme un passager qui s’affranchit du temps. Souvent malmené dans son parcours initiatique, il donne parfois l’impression de subir le monde mais la quête de l’identité n’est-elle pas toujours emplie de violence ? Violence adoucie par le souffle de la muse qui lui transmet une parcelle de féminité et l’énergie de se réaliser.

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Marco Polo
Directeur artistique et chorégraphe : Marie-Claude Pietragalla
Chorégraphe associé : Julien Derouault,
Danseurs : Aragorn Boulanger, Romuald Brizolier, Daravirak Bun, Guillaume Chan Ton, Franck Delevallez, Julien Derouault, Brice Dessault, Aurore Di Bianco, Poundo Gomis, Cédric Guéret, Aurélien Kairo, Nam Kiung Kim, Brice Larrieu, Miguel Ortega, Sébastien Perrault, Marie-Claude Pietragalla, François Przybylski, Thierno Thioune
Chanteurs : Adèle Carlier, Shin Shin Wang, Salar Aghili
Animation: studio Chrysoïd (Christophe Rendu, Marie Decavel)
Costumes : Patrick Murru
Lumières : Eric Valentin
Musique : Armand Amar

Du 06 au 15 mars du jeudi au samedi à 20h30. Dimanche à 16h
Au Palais des Congrès
2, place de la Porte Maillot, 75017, Paris
Réservations : 08 92 05 00 50
http://www.palaisdescongres-paris.com
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  1. Une vraie merveille ce spectacle! Les deux heures passent comme dans un rêve… Quel dommage que Marie-Claude Pietragalla ne soit pas dans plus de tableaux…

    Vivianne / Répondre
  2. Marie-Claude Pietragalla possède une magnifique créativité. C’est la première fois que j’assiste l’un de ses spectacles. J’ai été bluffée ! On ne la voit pas assez traverser la route de Marco Polo, c’est vrai. Mais quel talent et quelle diversité artistique !!

    Émilie / Répondre

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