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Io sono Rocco – Journal intime

Io sono Rocco de Salvatore CalcagnoIo sono Rocco de Salvatore CalcagnoIo sono Rocco – Salvatore Calcagno a déjà développé un style, ses différentes pièces La vecchia vacca, Le Garçon de la piscine emploient un vocabulaire commun. Mêlant références littéraires et cinéphiles, confondant vie réelle et vie rêvée, sa dernière création Io sono Rocco boucle un cycle d’influence autobiographique.

Quand le public entre dans l’arène, il ne sait pas encore ce à quoi il va assister. Il se dispose timidement autour d’un cercle de craie. Aucune place n’est fixe. Debout, chacun est libre de changer de point de vue, de tourner autour de la scène. Les comédiens ou les danseurs, on oublie la distinction, tournent comme des fauves en cage. Ce qui se joue sur le plateau se passe presque de mots : tout est geste, regard. Quand un spectateur est arrêté pour allumer une cigarette, le spectacle continue encore, matière vivante et émouvante.

Une lutte s’engage entre vie et mort, entre un homme et une femme. L’arme, le lieu du duel : une table de cuisine, des lames. De part et d’autre de la table qui ne tarde pas à tourner, de la nourriture. Si la mort aiguise ses lames, celui qui lui fait face coupe ses tomates sur un air de défi. La passe d’arme continue sur ce registre : chacun jouant de son couteau. En courant d’un côté ou de l’autre de la table, sans que l’on ne reconnaisse plus le poursuivant du poursuivi on pense à la corrida. Dans le duel, il y a quelque chose d’animal, chacun laissant exprimer ses pulsions, le désir peut-être.

Io sono Rocco – La mort du père 

Io sono Rocco de Salvatore CalcagnoLe spectacle se constitue autours des fragments d’un journal intime, Salvatore Calcagno raconte la mort du père, la difficulté de succéder. La musique d’Ennio Morricone revient en boucle, les notes de « Comme Madalena » comme un héritage familial. Sur la scène les apparitions se succèdent et c’est au détour d’images symbolique que le metteur en scène entend marquer le spectateur. C’est un théâtre qui ne dit pas ce qu’il faut ressentir mais qui nous met de plein pied avec le sensible. Il s’agit de laisser les larmes couler, Lascia chio panga, le spectateur trouver son chemin dans cet univers qui, théâtral ou opératique, n’a rien d’une fiction.

Io sono Rocco est une pièce de chambre pour un danseur, une comédienne et une soprano. Une petite forme de deuil et une grande évocation de la vie. Un drame en un acte, visuel et musical que l’on aurait du mal à définir exactement.

Io sono Rocco
Ecriture et Mise en scène : Salvatore Calcagno
Interprétation : Axel Ibo, Amandine Laval
Composition & arrangements : Angelo Guttadauria
Création lumières : Amélie Géhin
Conseillers artistiques : Émilie Flamant, Douglas Grauwels, Antoine Neufmars
Crédit photo: Els De Nil

Vu le au Théâtre de Vanves le 5 décembre 2016

 

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