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Rien que du beau monde ! Une fois encore, la compétition internationale Juste Debout (qui fête ses 10 ans) rassemble la fine fleur des danseurs hip-hop des quatre coins de la planète. Cette manifestation se déroule autour de cinq grandes catégories de danse : le locking, le popping, le hip-hop, le top rock et la house danse. Sans oublier une catégorie « expérimentale ». Les finalistes, amateurs ou professionnels, s’affrontent ce dimanche, à Bercy, devant un public en effervescence. Chaque duo est récompensé selon quatre critères : originalité, musicalité, esprit et homogénéité. Bruce Ykanji, créateur de l’événement et figure incontournable du hip-hop, anime le final. Un moment unique à ne pas manquer !

Pourquoi avoir créé cette compétition internationale ?
« Ces dernières années, pas mal d’événements se sont organisés autour du break qui se pratique au sol. Peu de rendez-vous existait pour les danseurs dits « debout ». C’est vrai, le break a cet avantage qu’il est un peu plus acrobatique, donc plus spectaculaire. Je voulais renverser la vapeur. Des femmes ont même rejoint l’événement. On a démarré timidement en 2002, dans un gymnase de Champ sur Marne avec 330 personnes. Mais la deuxième édition séduit déjà 1 200 participants. En 2004, Juste Debout s’étend et s’installe au Stade de Coubertin, et ce sont 2 400 passionnés qui animent les festivités. Cette année, la finale de Juste Debout rassemble ce dimanche 144 danseurs, sélectionnés parmi plus de 2 500 compétiteurs. »

13 000 spectateurs sont attendus à Bercy ce dimanche, c’est énorme. D’où vient la popularité de Juste Debout aujourd’hui ?
« Difficile à dire. En toute honnêteté, au commencement, je n’aurais jamais cru que l’événement remporterait un tel succès. Il faut croire que le hip-hop est dans l’air du temps, les gens s’y intéressent de plus en plus. Sans doute parce que la musique rap se démocratise et passe régulièrement sur les ondes radio, ça aide. Le hip-hop paraît aussi plus accessible à tous, sans discrimination (corporelle). Et puis, le rendez-vous ne se limite pas à la compétition. Des stands sont installés et une salle de danse de 1000 m2, animée par 5 DJ, permet de danser sur la piste de 13h à 20h. Une salle exclusivement réservée au break dance sera aussi ouverte. »

Le hip-hop a une meilleure image, non ?
« Les mentalités changent. Le public commence à comprendre, au bout de 30 ans, que cette danse n’est pas l’apanage des gangs qui brulent les voitures et portent des casquettes à l’envers. Le hip-hop est surtout le relais d’idéologies positives. »

Le hip-hop investit désormais les scènes théâtrales (Chaillot, CCN de la Rochelle, Théâtre de Suresnes…). Que pensez-vous ?
« C’est très bien que des artistes, comme Kader Attou (à la direction du Centre chorégraphique national de la Rochelle), soient arrivés où ils sont. Mais de là à dire que c’est encore du hip-hop…C’est plutôt du contemporain hip-hop. L’écriture chorégraphique est très différente, ce ne sont plus les mêmes musiques non plus. Il faut d’abord connaître le hip-hop à sa source, avant de se tourner vers ces variantes stylistiques. »

Crédit photo Homard payette

Mais, ne pensez-vous pas que c’est une manière d’amener un public non initié ?
« Je ne pense pas sincèrement. On n’a jamais laissé l’occasion aux hip-hoppeurs de faire parler d’eux au plus grand nombre. On essaie parfois de « manipuler » le hip-hop, en tout cas de le formater, de le mettre à la sauce française… C’est dommage. Les Français aiment changer les choses, alors qu’il serait sans doute plus simple de les appréhender telles qu’elles sont et de les vivre pleinement. Le hip-hop est devenu par exemple la « danse urbaine », pourquoi ? L’art est fait pour déranger, il faut l’accepter dans sa forme initiale. »

Qui vient se confronter à Juste Debout ?
« Sans prétention aucune, les plus grands danseurs du monde entier viennent s’y mesurer. Ils viennent de partout : la Chine, le Japon, l’Allemagne, la France, la Suède… Cette année, nous recevons de nouveaux pays aussi, les Etats-Unis (New York), la Grèce (Athènes), Singapour et le Royaume-Uni (Londres). En finale, ce dimanche, 140 danseurs (sur 2500 danseurs sélectionnés pendant deux mois) s’affrontent devant un jury international de choix : les Américains Legend da Beatslaya (Popping), chorégraphe pour Will I Am et le groupe Black Eyed Peas notamment, et Brooklyn Terry (House) chorégraphe de Mariah Carey ou Will Smith. Mais aussi, seront de la partie : le Français Meech (Hip hop) qui a dansé notamment avec Storm et le Coréen Khan (Locking). La France est très bon compétiteur, comme les USA ou le Japon. La compétition sera rude, c’est sûr ! »

Propos recueillis par Frédérique Marchal.

Juste Debout
Ce dimanche 13/03 au Palais Omnisport de Paris Bercy, 8 bd de Bercy Paris 12e. A partir de 14h. Entrée : de 20 à 25 €

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