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Boom Bodies, explosion artistique

Boom Bodies, les corps convulsifs de Doris UhlichCernée par les différents attentats, rattrapée par une montée de la violence globale, la chorégraphe Doris Uhlich a cherché dans Boom Bodies à se confronter à la peur. Elle nous présente des corps prêts à exploser, une jeunesse convulsive et montre un spectacle tout en tension, comme une prise de risque.

Boom Bodies, se libérer

Liés entre eux par des câbles jaunes huit danseurs appréhendent la scène comme s’ils cherchaient à se libérer. Le filet de pêche fluo qui encombrait la scène se déploie en un réseau arachnéen. Un réseau apparaît, se tend et se distend au gré de mouvements du bas ventre. Équipés de baudriers, les danseurs sans se toucher s’attirent et se repoussent dans une cartographie sensuelle. Leurs relations ainsi matérialisées, variables, décisives induisent un rapport au collectif pour le moins complexe. Jouant de l’élasticité des gaines, ils se propulsent les uns les autres, de façon concertée, à la face du public. S’arrêtant in extremis au bord du plateau, leurs élans témoignent d’une liberté presque insolente, d’une volonté de se démarquer.

Se mettre en transe

Boom Bodies, les corps convulsifs de Doris UhlichTout de noir vêtu, un DJ impose le rythme à l’arrière plan tandis que ces huit jeunes aux personnalités distinctes se retrouvent réunis sur un même plateau. Habillés comme pour n’importe quel jour, ils ramènent sur une scène baignée de lumière une énergie venue de la ville. Là pour danser, ils réinventent sous nos yeux un monde à part. C’est une nuit électro où l’on se répond par mouvements saccadés, où l’on se libère de ses entraves tant bien que mal. Boom Bodies comme une explosion, des corps qui envahissent toute la scène dans une énergie pure. Ils sont là pour se dépenser, suivre le battement de la musique. Boom après boom, un mouvement beat et le cœur non loin.

Se mettre en danse

Ensemble, ils exercent des mouvements mais n’échangent même pas un regard. Ils sont dans la maîtrise individuelle de leurs corps et chacun dispose de son solo. Les mouvements de groupe presque synchronisés sont minés par des décalages subtils et des équilibres dangereux. Le réseau de gaine fluo est bien malmené, tiraillé entre l’envie de se rassembler et le geste de se désolidariser. Boom Bodies ne va pas crescendo mais suit son propre rythme. Ce n’est pas sur un final flamboyant que s’achève le spectacle mais plutôt sur un épuisement général, un ultime solo presque désespéré pour tenir debout et se mettre en danse.

 

Boom Bodies
Chorégraphie : Doris Uhlich
Interprètes : Eyal Bromberg, Ewa Dziarnowska, Christina Gazi, Hugo Le Brigand, Andrius Mulokas, Yali Rivlin, Roni Sagi, Andrea Gunnlaugsdóttir
Dramaturgie : Heike Albrecht
DJ : Boris Kopeinig
Création lumières : Bruno Pocheron
Costumes : Attila Lajos
Crédit photo : Theresa Rauter

Vu au Nouveau Théâtre de Montreuil à l’occasion des Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis

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