Théâtrorama

A bras le corps, duo musclé

A bras le corps de Boris Charmatz et Dimitri Chamblas Boris Charmatz et Dimitri Chamblas ont poussé leur complicité jusqu’à composer ensemble A bras le corps en 1992. Un duo qui à leur sortie du conservatoire leur a valu la reconnaissance et qui est aujourd’hui entré au répertoire au point d’être interprété par de nouvelles étoiles.

A bras le corps, de tous côtés

Côte à côte, ils s’échauffent tandis que le public se répartit aux quatres coins de la salle. Les deux danseurs concentrent tous les regards au milieu des gradins. Dans cet espace réduit, le moindre de leur geste attire l’attention. Qu’ils s’assoient, se posent, se reposent, tout fait spectacle et jusqu’à leur simple présence souligné par leurs survêtements blancs. Un triple jeu se développe entre les spectateurs, les spectateurs et les danseurs et les danseurs eux-mêmes. Les danseurs, bien conscient d’être observés et de se montrer, s’amusent avec le public, se nourrissent de leurs réactions. Dans les lumières franches et directes, nous pouvons observer comment réagit le reste du public lorsque par exemple l’un des danseurs s’allonge sur eux et nous ne manquons rien des airs de défi qu’ils se lancent l’un l’autre.

Démonstration de force

Stéphane Bullion et Karl Paquette rivalisent de prouesse dans le carré qui leur est dévolu. C’est à celui qui réussira le mieux son enchaînement, salut compris. Le duo n’est pas sans humour, jouant de la surenchère et de l’esprit sportif pour proposer une vrai démonstration de force. Évoquant parfois le combat et l’univers du ring leurs échanges créent une formidable dynamique. On ne se cogne pas dans A bras le corps, mais on cherche à déstabiliser l’autre, à tester ses limites. Les danseurs s’essoufflent, se relaient mais le spectacle, ponctué de noirs, de pauses, ne perd jamais le rythme. Ils prennent l’un après l’autre leurs places sur le banc de touche, laissant à l’autre son solo. Le sol appelle les danseurs qui y tombent sans se déclarer jamais K.O. Les risques sont partagés et au delà des prouesses c’est une vrai complicité qui se fait jour.

Le duo jusqu’à l’épuisement

Les Caprices de Pagagnini encadrent la performance des deux danseurs, comme pour conférer un surcroît de virtuosité à ce qui se joue. Ces mouvements sont aussi bien en musique qu’en danse la manifestation d’une liberté maîtrisée. Comme le violoniste connaît son instrument, Stéphane Bullion et Karl Parquette ont pleine conscience de leurs corps et peuvent se prêter aux enchaînements les plus techniques avec le plus grand naturel. Le duo au delà de la simple compétition nous propose d’assister à un travail de cordée et d’émulation. C’est une confiance qui se donne à voir dans les plus beaux mouvements de portée. A bras le corps, c’est finalement cette image de deux danseurs qui même en sueur et épuisée tiennent encore debout l’un sur l’autre et vice-versa.

 

A bras le corps
Chorégraphie : Boris Charmatz et Dimitri Chamblas
Interprétation : Stéphane Bullion, danseur étoile, et Karl Paquette, danseur étoile
Musique : Niccolò Paganini, Caprices nos1, 10, 16
Lumières : Yves Godin
Régie lumière : Benoit Liochon
Régie son :Jacques Ernotte
Crédit photo:s Marc Domage

Vu au CDN – Dates de tournée à venir

Vous pourriez aimer çà

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *



Théâtrorama

Inscrivez-vous à notre newsletter pour recevoir plus d'actualités et profitez de nos invitations

Votre abonnement est enregistré avec succès !

Pin It on Pinterest