Théâtrorama

Dans Les Trois Sœurs Jacques, il y a des hommes, des femmes, des fantômes, des animaux et des enfants issus de conte, tous au singulier, et tous au pluriel, chaque personnage incarnant à la fois lui-même et beaucoup d’autres, à moins qu’il ne soit ni vraiment lui-même, ni tout à fait les autres. Masques démultipliés, anti-rôles de composition, tous interagissent et s’interrompent dans un studio de radio, chez le psy et dans l’antre des Jacques, où l’on estropie à volonté le refrain de la plus célèbre des berceuses. Pour atteindre la gloire recherchée, ils usent d’une lettre burlesque et schizophrénique, parfois scatophile, pas encore certains de la définition qu’ils pourraient se donner sur scène, et donc sur terre.

Elizabeth Mazev donne à sa panoplie débridée de costumes débraillés une unique devise : faire quelque chose. Sans limite, ses personnages se choisissent des prétextes pour nourrir leurs futures tirades et sculptent dialogues et actions in situ. Dynamitant codes et références, déboulonnant le conditionnel des planches, l’auteur répond avec irrévérence à l’urgence du dire.

Les Trois Sœurs Jacques d’Elizabeth Mazev, Les Solitaires Intempestifs, coll. Bleue (112 pages, 15€)

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