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Les théâtres nationaux au rapport

La Cour de comptes vient de rendre son rapport public annuel. La gestion des théâtres nationaux (La Comédie-Française, le Théâtre national de l’Odéon (TNO), le Théâtre national de la Colline (TNCo), le Théâtre national de Strasbourg (TNS), le Théâtre national de Chaillot) y est analysée et relève une fragilité économique. Voici leurs conclusions et recommandations:

Les théâtres nationaux ont vu leurs dépenses structurelles augmenter de manière soutenue alors que leurs activités sont très majoritairement déficitaires. S’ils ont conservé le niveau et l’exigence de leurs créations, c’est au prix d’un subventionnement massif de l’État qui ne peut, dans un contexte budgétaire contraint, continuer à assurer seul la pérennité du système.

Si des efforts ont d’ores et déjà été consentis, ils demeurent néanmoins insuffisants au regard des économies et des opportunités de réformes qui peuvent être identifiées.

En outre, ils n’exonèreront pas le ministère de la culture de veiller activement à ce que la situation spécifique des théâtres nationaux au sein du paysage dramatique français demeure justifiée par la singularité de leurs projets d’activité et de leur modèle de fonctionnement.

C’est pourquoi, au regard des observations effectuées lors du contrôle des quatre théâtres nationaux considérés, la Cour formule les recommandations suivantes :

À l’État :
1. renforcer la place de l’État au sein du comité d’administration de la Comédie-Française ;
2. établir des lettres de mission et conclure des contrats de performance au début du mandat des directeurs, afin de fixer des objectifs clairs et mesurables à chacun des établissements, et en fin de mission, veiller à encadrer les conditions de départ ;
3. conditionner tout nouveau projet aux ateliers Berthier à la réalisation d’une étude sur les investissements nécessaires, le coût d’exploitation et la mutualisation des équipements entre la Comédie- Française et l’Odéon.
À la Comédie-Française et à l’État :
4. clarifier les liens patrimoniaux et comptables entre la société des Comédiens-Français et l’établissement public de la Comédie-Française.

Aux quatre théâtres nationaux et à l’État :
5. engager la renégociation des dispositifs conventionnels (convention
collective, accords additionnels) ;
6. accroître la diffusion des spectacles créés en augmentant le nombre de représentations au siège, ainsi que le nombre de tournées, notamment en collaboration avec le réseau dramatique décentralisé ;
7. réduire significativement le nombre de places gratuites (75 000 en 2014) et rendre compte annuellement au conseil d’administration de la politique de gratuité ;
8. procéder à la révision de la politique tarifaire en la fondant sur une meilleure connaissance des spectateurs (réalisation d’études chiffrées sur la composition du public) ;
9. mutualiser les fonctions de production (ateliers, stockage, circulation des costumes et décors, voire activités de diffusion) et les fonctions administratives (agence comptable, achats, appui à la passation des marchés).

Pour télécharger le rapport complet de la Cour des comptes.

L’article de l’Obs sur le sujet: La Cour des Comptes fouille les coulisses

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