Théâtrorama

Le décès a été prononcé il y a déjà quelques semaines mais peu de convives pour présenter les condoléances à un petit théâtre de quartier qui est resté quelques temps en mort cérébrale et qui aurait peut-être pu être réanimé en soins intensifs. Les quelques habitués du lieu trouveront porte close. Le site Internet indique une pudique fermeture provisoire. Hélas le Tallia se meurt, le Tallia est mort. Prévisible répondront les mauvaises langues qui n’ont jamais osé s’aventurer dans le fin fond du13eme arrondissement de Paris. Il faut dire que l’emplacement était loin d’être rêvé. Une rue de la Colonie perdue au milieu des immeubles. Un coin résidentiel du 13eme où le théâtre est loin d’être une priorité. Et pourtant le Tallia avait su rameuter ses adeptes en diversifiant ses activités, en donnant la priorité aux enfants. Une programmation parfois inégale mais qui avait au moins le mérite de donner sa chance aux jeunes troupes n’ayant pas forcément les moyens financiers de leurs prétentions artistiques. Après avoir dépassé une façade extérieure sans fioriture, vous arriviez dans un espace intimiste avec deux belles salles de théâtre (pas trois chaises qui se battent en bataille face à une scène fictive).

tallia

Bref, le Tallia méritait de vivre et la Préfecture de police a signé son arrêt de mort en envoyant à son directeur, Bertrand Destrignéville, un courrier lui signifiant la fermeture du théâtre pour se mettre aux normes, un an après avoir envoyé ses experts. Un problème d’aération. En soi, rien d’insurmontable, sauf que les finances tanguaient dangereusement vers le bas et que l’annonce de dépenses supplémentaires a coulé la barque théâtrale. On aurait pu attendre une mobilisation des riverains comme la résistance qui s’est organisée à la fermeture du cinéma Grand écran Italie (toujours un statu quo et des procédures judiciaires désespérantes qui laissent un grand vide là où il pourrait y avoir un espace culturel enrichissant). Le couperet est tombé en silence. Les comédiens à l’affiche du théâtre, seuls, ont regretté la fermeture de leur arche de quelques soirs. A la place du théâtre, on parle maintenant d’installer un supermarché. C’est vrai que le théâtre n’a jamais nourri les foules. Et en temps de crise mieux vaut un pièce de bœuf qu’une pièce de théâtre…

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  1. Aveuglé par le pouvoir et l’argent, l’homme oublie que l’art est la seule issue pour le salut de son âme. Hélas, combien de morts sont encore à venir en l’attente d’un réveil collectif ! Seul, l’individu ne peut que se lamenter et nourrir de son désir de révolte ! Aux arts citoyens !!!!

    magaelle / Répondre
  2. je suis dégoutée! de si bons souvenirs avec mes enfants dans ce théatre! J’habite non loin, c’est vraiment triste, au festival enfant l’été il y avait les mamans comme moi, les centres aérés, de la lumière dans les yeux des gosses à la sortie, on a eu le plaisir de connaitre entre autre don diego et ses dromadaires que mes enfants écoutent toujours… Une pensée pour la dame très sympa de l’accueil qui soutenait son mari dans sa passion du théatre…

    cilou / Répondre
  3. a la différence que les tenanciers de ce théatre étaient des ténardiers sans scrupules qui n’hésitaient pas à oublier de payer et de programmer des spectacles de merde

    et pis cé tout

    comédien / Répondre
  4. attn service culturel de la marie du 13 :

    Quelle est la différence entre le regret et le remord?

    triste / Répondre

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