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Le Tutu d’après Princesse Sapho

Tous les personnages du Tutu sont des excentriques, des extravagants, voire des monstres – au sens propre du mot. Le premier d’entre eux, Mauri de Noirof, épouse une riche héritière obèse et portée sur la boisson, engrosse une femme à deux têtes qui s’exhibait dans les cirques, devient député, ministre de la Justice, et se livre en compagnie de sa mère à des orgies de débris anatomiques.

Après les Fiancés de Loches de Feydeau, Le Public de Lorca ou Marat-Sade de Peter Weiss, l’Arène Théâtre propose une nouvelle création totalement excentrique. Éric Sanjou adapte et met en scène Le Tutu roman extravagant du 19ème siècle, écrit par la très mystérieuse Princesse Sapho.

Le Tutu explose de toutes parts. Ce n’est pas un menuet pour petits rats d’opéra mais une sarabande endiablée avec danseuses légères sans fric et messieurs en perte de frac. C’est une farandole foutraque lancée à cent à l’heure hors des rails des conventions, du monde et du théâtre. On croise Dieu entre deux wagons, on côtoie des êtres hors normes, des figures loufoques ou provocantes. On passe du théâtre au cinéma, du cinéma au cabaret et du cabaret au cirque. Ça joue, ça chante, ça danse, ça fait son numéro car si l’époque est belle, elle est aussi rebelle !

Pourquoi porter Le Tutu ?

Le tutuÉric Sanjou : J’aime résolument les oeuvres singulières et j’aime les donner en partage. J’aime le non académique, le hors normes et les monstres, ces textes qui font bouger le monde, qui frottent et qui bousculent. J’aime les défis lancés par des auteurs à l’écriture complexe, métissée et polymorphe (Pasolini, Cortázar, Lorca, Shakespeare, Novarina…). Ce que je veux provoquer avec « Le Tutu », c’est un questionnement, une mise en perspective…un creusement encore (revenons au « Public », à « Pour Louis de Funès »). « Le Tutu » est d’une surprenante modernité (ce qui a pu faire croire à une supercherie), c’est un « roman »,sous des atours légers, absolument visionnaire. Cette société « fin de siècle » qui se vautre dans l’inculture et le divertissement (c’est-à-dire dans la merde) est un miroir tendu à notre début de siècle décérébré. Comme le dit Mauri de Noirof : « le Créateur (s’il existe) oublia de ne pas créer l’homme à son image, de sorte qu’il s’est condamné à avoir sous les yeux la photographie de sa propre image : des gens bêtes sur une terre inculte qui ne produit plus rien, ou les arbres dépoussent quand poussent des « hommiers » dont les fruits sont humains ». Ce grand fatras qu’est « Le Tutu » est un brûlot contre la bêtise, l’ordre et la morale. Les excentriques, les extravagants et les « monstres » du « Tutu » provoquent la société de l’avoir et du paraître. Ils lui jettent à la face sa veulerie et son inanité.

Le Tutu
Adaptation, mise en scène et scé­no­gra­phie : Éric Sanjou
Costumes : Richard Cousseau
Vidéo : Xavier Robert
Avec Romain Blanchard, Christophe Champain, Georges Gaillard, Christian de Miègeville, Emilie Perrin, Céline Pique, Reynald Rivart
Crédit photo : Katty Castellat

Du mardi 15 au samedi 19 mars à 20h30 au Théâtre Le Ring à Toulouse

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