Théâtrorama

Elle chante, elle joue la comédie, elle amuse, elle émeut… Bref, elle sait tout faire et le fait avec passion, avec fougue et surtout avec énormément de talent. Une heure avec Julie Victor, c’est le coup de fouet salvateur pour affronter sereinement les vicissitudes d’une vie « normale » ! Coup de cœur !

Après un « Smile » aussi bien chanté qu’illuminant son joli visage, elle s’adresse à nous avec un accent « lindalemayo-célinedionesque » à couper à la tronçonneuse. Bon sang d’caribou, encore une québéquoâse ? Ce n’est pas qu’on les fuie, nos amis d’lô-bô, mais quin même, n’aim’rait bin êt’ averti avin ! Pas de panique, la petite est, bien que pas taillée comme l’armoire du même nom, une vraie Normande. Le pays du cher Bourvil… Une basse-Normande avec le verbe haut…

Elle va en brouiller d’autres, des pistes, Julie Victor, durant une heure. Elle en a les moyens. Les talents plutôt. Tous les talents. Une voix capable de naviguer à vue entre comédie musicale et jazz, chanson française et opéra. Un sens de la comédie, une capacité de jeu étourdissante. Pas de doute qu’ainsi parée, elle s’offre toutes les audaces. Une quête d’originalité permanente. Le jazz devient germanique, un standard de la variété hexagonale rigolote immortalisée par une star belge se transforme en tragédie d’une irrésistible drôlerie. Julie Victor pratique l’oxymore scénique avec brio…

Absurde et autodérision
Chanter ne lui suffit pas. Et comme c’est son tout premier « one », elle va se présenter. Sans parler sans cesse d’elle ou alors en pratiquant l’autodérision, arme redoutable pour s’autoriser toutes les dérisions. Ca va parfois se muer en charge cinglante mais sans véritable méchanceté à l’endroit de l’envers du décor. Quelques faits de société de la plus haute insignifiance mais dont nous sommes tous victimes (des botoxées aux modes d’emploi dans les « self built furniture » du plus célèbre pourvoyeur de casse-tête que la Suède nous ait envoyé) sont ainsi passés à la moulinette « victorienne ». Le tout pimenté d’absurde, cette soupape qu’on n’ose que trop rarement faire sauter pour laisser jaillir nos délires les plus fous. Ainsi des dessus de lit qui parlent et des instruments de musique tellement inutiles qu’on ne peut s’en passer pour accompagner une chanson à texte…

Oui, c’est un vent de folie que fait souffler la belle Julie, soutenue par deux acolytes qui ne font pas tapisserie, mais lui offrent un vrai répondant. La scène semble la happer. Elle y nage comme un poisson dans un aquarium d’eau fraiche. Le geste est précis, le tempo assuré et l’interactivité parfaite. Le public est conquis. L’énorme sympathie qu’elle dégage, la phénoménale capacité à tout faire dans tous les registres qu’elle démontre (avec un final d’une infinie tendresse) lui valent le plus beau V de la victoire : la salle finit debout.

[note_box]Julie Victor, one musical show
Accompagnements : Jérémy Jouniaux (piano), Dominique Mabille (guitares et basses électroacoustiques)
Mise en scène : Etienne de Balasy[/note_box]

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