Théâtrorama

Un show détonnant qui convoque un générique étourdissant de grands noms, de Brel à Godard en passant par Barbara et Corneille tout en restant prodigieusement original grâce à une intelligence d’écriture qu’étaye une performance scénique plurielle. Drôle, tendre, vachard, cette radiographie du couple illustrée par la chanson française populaire fait passer un moment divinement récréatif qui convient à tous les âges.

S’il y a bien un spectacle qui met le public à la noce c’est bien celui qui se joue au théâtre 14 jusqu’au 7 juillet. Et à plus d’un titre. Deux mariés déboulent d’on ne sait où. L’entrée foire en beauté. Cinq minutes plus tard, on bisse mais la fête est à la traîne vu que la traîne n’est plus de la fête. Elle a pris les voiles, s’est coincée quelque part. La colère monte. S’en suit un règlement de compte en chanson avec le cultissime « Mémère dans les orties » de la divine Juliette et son Roméo pour l’occasion, François Morel.

Jean-Paul et Catherine vont donc convoler. Mais en folles noces. Et nous embarquer en voyage de notes pour évoquer ce grand jour de leurs épousailles. Ils convoquent une galerie de personnages dopés à la déconnade, tout droit catapultés de ce pays de absurdie que les baladins connaissent bien : la tante octogénaire arthritique au dernier degré qui veut absolument pousser la chansonnette (et quelle chansonnette !), le cousin indésirable, le tonton russe et la tatie mexicaine (deux numéros ébouriffants !) et bien sûr les deux tourtereaux. La pluralité résonne ici comme un pléonasme. Pluralité du générique (de Gainsbourg à Godard, de Barbara à Ginette Garcin, de Mike Brant à Corneille), des numéros (danse, chant, claquettes, acrobaties) et surtout des talents et des idées.

Un iconoclasme jubilatoire
Chaque morceau est scénarisé, chorégraphié mais aussi détourné de sa version originale avec un iconoclasme jubilatoire mais jamais outrageant, bien au contraire. Sans servir de seul prétexte, comme cela arrive parfois, les titres se fondent dans un scénario très écrit, immensément drôle, bourré de références (à la chanson, bien sûr). Et sur scène, les deux compères Delvor et Delourtet font mener à un rythme infernal cette course nuptiale (on ne peut raisonnablement plus parler d’une simple marche) où se succèdent des séquences toutes plus cocasses les unes que les autres, le tout aux sons de la guitare ou du piano du très efficace Thomas Ribes. Un spectacle vivifiant, récréatif au cours duquel on ne cesse de ce dire «Mais jusqu’où iront-ils ? », au délire crescendo et au final qui fait triompher l’amour. Mais à sa folle manière.

[note_box]Folles noces
Ecrit, mis en scène et interprété par Jean-Paul Devor et Catherine Delourtet
Avec Thomas Ribes au piano et à la guitare
Photo : Philippe TARIS[/note_box]

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  1. Oui, je souscris en tous points à cette critique qui reflète avec beaucoup de justesse ce que représente ce beau divertissement.
    Que dire de plus ? Le spectateur est emporté dans un tourbillon dont il n’a plus envie de sortir, un enchantement qui ferait presque oublier la performance de ces trois artistes si attachants et dont on n’imagine sans doute pas le travail accompli pour parvenir à un tel tour de force.
    Sans doute LE spectacle à voir en ce moment à Paris.

    Thierry Keith / Répondre
  2. J’ai vu ce spectacle quatre fois et je puis assurer que j’ai ri à en pleurer.Quelle performance artistique.Elle
    laisse découvrir le talent formidable de ces deux artistes.

    A CONSEILLER AUX AMIS

    laforge marcelle / Répondre

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