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Mathieu Enderlin présente Cubix

Zoom sur le marionnettiste Mathieu Enderlin Dans le cadre de l’édition 2016 des Scènes Ouvertes à l’Insolite, Mathieu Enderlin présente « Cubix » au Théâtre aux Mains Nues. Rencontre avec ce marionnettiste, qui questionne, à travers des cubes et des projections vidéo, l’image, ses sources, sa projection et son abstraction, ainsi que sa possible mise en mouvement.

Vous étiez déjà présent avec « Cubix » lors de l’ouverture de saison du Théâtre aux Mains Nues, en janvier dernier…
Mathieu Enderlin : En fait, le spectacle s’appelait « Autour de Cubix » parce que ce n’était pas « la chose » en elle-même. Cela nous a donné l’occasion de mettre en jeu le procédé. L’origine du projet vient d’une commande du Théâtre Sans Toit, avec qui je suis en compagnonnage. C’était à l’occasion d’un évènement de la compagnie qui s’appelle « Ateliers rudimentaires ». Ce sont des spectacles, des ateliers, comme autant de moyens de faire découvrir la marionnette contemporaine au public.

Il y avait deux thématiques : une grande thématique qui était autour du numérique, et une autre, un peu plus spécifique, autour du mouvement. Le parallèle entre les deux m’a intéressé. Le spectacle final est un peu différent, dans le type d’images qui sont projetées, dans ce qu’il y a autour… Le résultat peut être surprenant, surtout quand on s’attend à ce que ce soit en lien. La seule chose qu’on retrouve vraiment, ce sont les cubes en bois.

Comment avez-vous travaillé pour créer ce spectacle ?
Mathieu Enderlin : On s’est d’abord amusés à faire des sortes de jeux, dans un temps de recherche. Tout est parti de cette boîte de cubes, très enfantins. D’habitude, il y a quelque chose sur les faces des cubes. Sauf que là, ce sont des images qui ne sont pas fixes, qui ne sont pas décidées d’avance. Ça ne fait pas tout à fait appel à la même partie du cerveau du spectateur. Quand on voit l’image et quand on doit construire l’image, ce ne sont pas les mêmes choses qui sont en jeu. La création de ce spectacle était une sorte de jonglage entre les deux. J’ai trouvé intéressant qu’on puisse avoir du mouvement à partir d’images fixes. Quand on met l’objet en mouvement, on commence voir un personnage, de l’image. Le sous-titre du spectacle, « Comptines visuelles et Jeux de mains augmentés », est en relation avec la projection vidéo sur les cubes et les manipulations qui peuvent se faire.

La construction du spectacle est un peu basée sur les chansons « en chaîne » : « chapeau de paille, paillasson, somnambule… » En japonais, ça se dit « shiritori ». Le spectacle ne subit pas une narration tout à fait linéaire. Il rappelle les associations qu’on peut faire dans l’esprit, justement en voyant des objets bouger.

Vous venez du cinéma…
Zoom sur le marionnettiste Mathieu Enderlin Mathieu Enderlin : Oui, je me suis beaucoup intéressé à l’image. Au départ, le projet devait être une forme courte, puis il s’est peu à peu étoffé. Le croisement avec le cinéma m’intéresse. Au cinéma, le mouvement n’existe pas. Ce sont des images fixes. En fait, on fait défiler des images fixes, et avec la distance rétinienne, on y voit du mouvement. Avec des marionnettes, il y a un peu l’effet inverse. Les cubes ne constituent pas des personnages formés, figuratifs. « Cubix » est un peu l’état de cette recherche-là.

Qui mène la danse, le cube ou l’image projetée ?
Mathieu Enderlin : Je pense que c’est au spectateur de le dire. À mon sens, il n’y a pas de conclusion à avoir, pas de jugement du fait de l’écran ou de l’image, d’une supériorité de l’un sur l’autre… Le défi est plutôt de réussir à les distinguer, et de voir où est-ce que ça « frotte » entre les deux. Comment on peut passer de l’un à l’autre, comment l’un peut alimenter l’autre… Il s’agit d’un théâtre très simple, très pauvre. La volonté n’était pas de faire quelque chose d’explosif, un feu d’artifice de technologie… On a appauvri les choses pour essayer d’aller vers une sorte d’essentiel, qui demande peut-être beaucoup aux spectateurs. Ils assistent à spectacle assez silencieux comme spectacle, comme expérience à vivre.

Vu au Théâtre aux Mains Nues le 14/10/16

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