Théâtrorama

Floriane Pinard aime l’image sous toutes ces formes : l’image fixe d’une photographie, mouvante d’une vidéo, persistante d’un paysage, éphémère d’une scène ou d’un mouvement de danse. Monteuse, cadreuse et photographe, elle travaille régulièrement pour différentes institutions culturelles, des chaînes de télévision et des sociétés de production. Confidences d’une artiste plurielle.

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© Floriane Pinard

De quelle façon votre travail s’articule-t-il, entre toutes les expressions artistiques que vous privilégiez, et en quoi vos différents domaines de compétence se rejoignent-ils ?
« J’ai débuté par la photographie parce que c’était un moyen d’expression solitaire, simple et accessible. Assez rapidement, j’ai compris que la création était avant tout affaire de rencontre. Dans la photographie, il me manquait l’interaction, le mouvement, le bruit… C’est pourquoi je me suis tournée vers la vidéo, j’aime avoir un rapport très physique et très instinctif avec le sujet, et c’est sans doute pour cela que je trouve la réalisation assez proche de la danse. Le montage est l’étape qui permet de donner un sens, une cohérence à tout ça ; c’est un travail d’écriture, de composition et de rythme, c’est comme une palette de couleurs à mélanger, à coordonner. Je suis très sensible à l’aspect pictural des images. Pour un reportage sportif, un documentaire d’exposition, un film institutionnel, un clip ou un teaser de spectacle, ce qui compte, à mes yeux, c’est de ne pas être trop à distance de ce qu’on filme, c’est d’être dans l’échange et l’empathie, d’être sensible aux lumières et aux visages, de s’oublier pour mettre en valeur le sujet tout en injectant naturellement sa subjectivité, son regard, sa sensibilité. C’est ce que j’aime par dessus tout dans la réalisation, quel que soit le projet. »

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© Floriane Pinard

Pourriez-vous présenter « Danses Urbaines », le projet d’écriture collective vidéo / danse sur lequel vous êtes en train de travailler, en collaboration avec Lucie Bailly ?
« Lucie est danseuse et performeuse avec une gestuelle à la fois très fluide et très saccadée et une grâce à la fois féminine et androgyne. C’est cette ambivalence qui m’a toujours fascinée chez elle, et tout ce qu’elle parvient à dégager avec une grande économie de moyens. On dirait qu’elle est naturellement dans l’essence des choses sans s’encombrer du superflu et des artifices. Nous avons créé ensemble « Danses Urbaines » qui est un projet de série de vidéo ayant pour dénominateur commun l’espace urbain : un lieu qui nous aura interpellées par son architecture et/ou ses couleurs pour construire un dialogue dansé : une écriture collective. Contemporain, hip hop, flamenco, classique… seront invités à se mélanger, à s’inspirer mutuellement. Chaque vidéo est comme un poème qui s’écrit avec les danseurs, en gardant toujours une part d’improvisation, du caractère instantané de la rue. Car la rue représente l’accessibilité, la créativité qui existe en chaque individu, à l’intérieur de nous, indépendamment des outils ou des moyens que nous avons à disposition. Je crois que chaque artiste, quelle que soit sa discipline, doit souvent s’excuser d’exister, si ses aspirations, sa sensibilité, ne correspondent pas à la majorité. « Danses Urbaines », c’est un petit espace de parole libre. »

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© Floriane Pinard

Vos centres d’intérêt vous mènent des cultures urbaines à un engagement pour l’humanitaire. Quels sont vos prochains déplacements et projets en cours ?
« Un engagement pour l’humanitaire serait beaucoup dire… J’ai fait un peu d’humanitaire pour un reportage sur une association pour les enfants en Arménie, mais cela remonte à plusieurs années. Je m’engage actuellement auprès d’une association qui a pour objectif de réaliser les vœux des enfants malades, et pourquoi pas à long terme monter un projet vidéo avec eux. Mais c’est tout récent et je n’ai pas encore démarré d’actions à leurs côtés, j’en suis seulement au stade de la prise de contact et il serait un peu prématuré pour en parler. En ce qui concerne mes projets en cours : il y a donc « Danses Urbaines », et nous attendons un climat plus chaleureux pour reprendre les tournages. Par ailleurs, je continue à collaborer avec la compagnie Massala dont j’aime beaucoup le style hip hop/contemporain qui mélange de nombreuses influences. Je développe également une collaboration avec la graphiste Géraldine Roquier. Nous proposons des outils de communication artistiques et personnalisés dans différents secteurs (mode, expositions, spectacles, événementiel…). Nous souhaitons mettre en avant des compétences techniques de réalisation et de graphisme, un regard inventif et sensible, et une expérience dans le monde du cinéma, de l’art et de la scène. Je suis aussi en train de finaliser la post production d’un court métrage de danse tourné dans les hauteurs de Marseille il y a plus d’un an et que j’avais laissé dans mes tiroirs… Même si ce n’est pas toujours évident, parce qu’être indépendant nécessite de maintenir soi-même son énergie et sa motivation, d’avoir confiance en soi et de persévérer, il est important d’aller au bout des choses pour être ne pas se perdre de vue. Cette pensée de Marie-Agnès Gillot ne me quitte pas : « On ne peut pas laisser les gens qui ont énormément d’émotions, énormément de sensibilité, errer seules (…). La discipline c’est la base de la liberté, et pas l’inverse. »

Le site de Floriane Pinard
La page Facebook de Danses Urbaines
Plus d’infos en vidéo
Crédit photo portrait Floriane Pinard © Kiroubel Beaujour

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