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Terminus, première pièce de Mélody Mourey

Terminus, première pièce de Mélody Mourey Terminus – Tout le monde descend. Ou plutôt tout le monde entre en scène. Mélody Mourey propose une première pièce percutante qui fera oublier la météo aux spectateurs. Elle y décrit une société de la norme bien cadrée qui glisse vers une dictature des sentiments.

Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire Terminus ?
Mélodie Mourey: Je travaille comme journaliste pour la revue de culture générale L’Eléphant. En réalisant des recherches pour un article, je suis tombée sur un fait historique passionnant : en 1962, la Tanzanie a été secouée par une épidémie de fou rire. Trois écolières ont été prises d’un fou rire qui s’est propagé à toutes les élèves de leur école et celle-ci a dû fermer ses portes. Je me suis passionnée pour cette petite histoire. Et j’ai découvert que ce genre d’événements pouvait survenir à la suite de différents traumatismes. C’est le point de départ de Terminus, qui est mon premier texte. J’ai imaginé une société où de tels événements d’hystérie collective avaient abouti à une dictature des sentiments dans laquelle le bonheur et l’équilibre de l’humeur devenaient obligatoires. J’avais par ailleurs envie de placer mon histoire dans une société régie par une « démocratie totale ». Donc sans chef, où tout le monde surveille tout le monde. Il n’y a pas de tyran. Tout le monde est à la fois le dictateur et l’opprimé. À une époque où l’opinion de nous-mêmes dépend beaucoup de la façon dont nous sommes évalués (le nombre de critiques sur billetreduc, le nombres de mentions j’aime sur nos photos de profil Facebook…), je trouvais intéressant de pousser à l’extrême ces dérives, jusqu’à l’insupportable.

Pourriez-vous nous raconter l’aventure de Terminus ?
M. M. : Lorsque j’ai écrit le texte, je l’ai envoyé à deux amis du Cours Simon, Hélie Chomiac et Benjamin Arba. Je voulais avoir leur avis et savoir s’ils seraient d’accord pour se lancer dans cette aventure. J’avais pensé à eux en imaginant les personnages. Ce sont des comédiens dont j’aime le jeu, mais aussi la façon de voir le théâtre et de se lancer dans chaque projet avec beaucoup d’énergie et de passion. Bien sûr, nous ne savions pas encore si un théâtre accepterait d’accueillir notre projet. On nous a proposé des « coproductions » et des locations, mais nous n’avions pas un sou… Puis j’ai donné mon texte à Jean-Luc Jeener, le directeur du Théâtre du Nord Ouest où je jouais alors dans deux spectacles. La semaine même il l’a lu et m’a rappelée pour me dire qu’il acceptait que nous montions la pièce dans son théâtre. C’est un théâtre d’art et d’essai sans égal à Paris, qui offre l’opportunité de se lancer, d’essayer… Vu le nombre de représentations, nous avons préféré doubler chaque rôle et nous avons proposé à deux amis comédiens, Blaise le Boulanger et Thibaud Pommier de rejoindre l’équipe.

Comment avez-vous travaillé avec Merryl Beaudonnet ?
Terminus, première pièce de Mélody Mourey M. M. : Lorsque j’ai écrit Terminus, je pensais m’occuper de la mise en scène. J’avais une image très précise de l’univers que je souhaitais créer. Puis j’ai réalisé quand nous avons commencé les lectures que nous avions besoin d’un regard extérieur et que je ne me sentirais pas légitime à faire de la direction d’acteur en étant moi-même sur scène. Nous avons pensé tous les trois à Merryl Beaudonnet, une amie rencontrée aux Cours Simon. Elle avait réalisé une très belle mise en scène de Trahisons de Pinter, joué au théâtre Montmartre Galabru. Merryl a accepté. Et nous étions au final en accord total sur les couleurs que nous voulions donner à la pièce. Nous avons découpé la pièce en différents extraits que nous avons travaillé successivement avec elle. Chacun a pu apporter ses idées et Merryl a réalisé une mise en scène harmonieuse, cohérente et décalée. Hélie Chomiac a réalisé un travail de scénographe et a ensuite imaginé un décor et un univers sonore en adéquation avec l’univers qui prenait forme.

Est-ce difficile d’être à la fois auteur et comédienne ?
M. M. : J’ai eu peur pendant les premières répétions de manquer de recul sur mon texte et de ne pas être assez flexible aux remarques des autres. Mais au bout d’un moment, je me suis détachée du texte et j’ai pu travailler comme s’il avait été écrit par quelqu’un d’autre.

Terminus
De Melody Mourey
Metteur en Scène : Merryl Beaudonnet
Avec Benjamin Arba , Merryl Beaudonnet , Hélie Chomiac , Blaise Le Boulanger , Melody Mourey et Thibaud Pommier
Scénographie : Hélie Chomiac

Jusqu’au 20 juin au Théâtre du Nord Ouest

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