Théâtrorama

Parmi l’avalanche des pièces de la rentrée, certaines pépites se distinguent et sortent aisément du lot. Les Nouveaux Barbares, écrit et mis en scène par Frédéric El Kaïm, fait partie de ces rendez-vous théâtraux à ne pas manquer.

id - copieLe sujet, dans l’air du temps, parlera à chacun. Violence professionnelle, déshumanisation du travail, dérive du management… Tout part d’un fait réel qui dépasse la fiction pour aboutir à une dramaturgie documentarisée à l’humour grinçant. Il aura fallu deux ans pour réaliser ce projet ambitieux, comme nous l’explique Frédéric El Kaïm.

Quelle est l’origine du projet ?
« Avec toute l’équipe, nous avions le désir de traiter un sujet contemporain qui serait à même d’avoir un fort écho dans le grand public. Notre projet étant de faire du théâtre contemporain populaire. J’ai proposé un spectacle sur la violence au travail et les dérives du management des années 2000. Nous avons donc commencé à travailler sur le sujet. Lectures, films, documentaires… J’ai aussi personnellement rencontré un grand nombre de personnes concernées par le sujet : salariés licenciés ou démissionnaires suite à des pressions, médecins du travail, DRH, manager, syndicalistes… Un matin, j’ai entendu à la radio l’histoire de cet homme licencié quatre jours après le décès de son fils au motif qu’il avait manqué de motivation. Il a ensuite été réintégré lorsque les médias se sont emparés de l’affaire. Nous avons donc décidé d’en tirer une fiction. »

Le point de départ de la pièce est tiré d’un fait réel. Comment avez vous mêlé dans l’écriture fiction et réalité ?
« De cette histoire sordide nous n’avons gardé que le point de départ. Un homme est licencié après le décès de son fils au motif qu’il aurait manqué de motivation pendant les dernières semaines de sa maladie. Toute la suite est une fiction. Mais c’est une fiction qui se nourrit des entretiens que m’ont accordés nombre de salariés. Elle ne s’en nourrit pas tant dans les événements que dans le comportement de tel ou tel personnage. Tous les personnages sont placés dans une situation extrême. Ce sont leurs discours mis en rapport avec leurs actes qui nous intéressaient. De plus tous les sketches de licenciement qui s’agglutinent sont basés sur des situations qui nous été racontées. Nous les avons tirées vers la farce mais elles ont souvent, malheureusement, été vécues. »

La pièce ne tombe jamais dans le manichéisme ni dans l’idéologie. Comment êtes vous parvenu à cet équilibre dramaturgique ?
« Tout d’abord merci pour le compliment car c’était un des objectifs que nous nous étions fixés. Sans prétention aucune (car je ne fais aucune comparaison en terme de qualité) j’ai retenue une des principales leçon Shakespearienne : ne pas juger les personnages mais les défendre tous, le plus honnêtement possible. J’ai donc essayé de faire parler chacun comme si j’étais à sa place. Il était essentiel de défendre chaque personnage de la même manière. Pas de gentils, pas de méchants. Juste des humains avec leurs contradictions. Les comédiens ont beaucoup improvisé sur le sujet, et je me suis appuyé sur ces improvisations. Pour autant il ne s’agit pas d’une écriture collective. Plutôt d’une écriture destinée à une équipe d’acteurs spécifique. »

Les Nouveaux Barbares, au théâtre de Belleville du 16 au 20 septembre 15

L’adaptation sur grand écran
Bientôt une version de ces Nouveaux Barbares au cinéma… Un long métrage vient d’être tourné en attendant une diffusion prochaine.

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